« L’horreur, c’est le matriarcat » : inutile de dire qu’un essai amenant pas à pas son lecteur à en arriver à une telle conclusion ne s’abreuve pas à la source de l’esprit du temps.

Que la société occidentale soit gynolâtre, féminolâtre, n’aura échappé à personne et même la très consensuelle humoriste Florence Foresti moque cette dérive dans son dernier spectacle :
Si j’étais un homme […] je serais en prison […] mais bon comme je suis une femme, ça va, ça passe, j’ai l’immunité. […] Oui, parce qu’aujourd’hui toutes les femmes sont des victimes, voilà, comme ça, c’est réglé, et les hommes des agresseurs, comme ça, c’est bien rangé, on peut pas se mélanger, c’est bien ! Les filles = gentilles, les garçons = méchants. C’est super ! »
(Boys Boys Boys, 2022)
Pourquoi le terme féminolâtrie n’est-il alors jamais prononcé ? Pour juguler un mal, ne faut-il pas commencer par le nommer ? L’esprit du temps me répondra que la valorisation des femmes – et le dénigrement des hommes – n’est nullement un mal et ne procède que d’un heureux rééquilibrage après des millénaires d’oppression machiste.
Mais à moins de sombrer dans le sexisme - misandre – le plus éhonté, il faut bien admettre que "les femmes" ne constituent pas un bloc intrinsèquement vertueux et que le Deuxième Sexe n’est pas exempt de penchants obscurs et maléfiques.
Sont-ils identifiés ? Sont-ils combattus ? Ou sont-ils au contraire magnifiés comme dans une secte embrassant avec ferveur tous les crimes et toutes les folies qui passent par la tête de son gourou ? Prenons le cas de la sorcellerie.
Ce n’est pas seulement une réhabilitation que connaissent de telles pratiques depuis 2019, mais un engouement planétaire, en particulier via le réseau social TikTok, où le hashtag WitchTok cumule des dizaines de milliards de vues.
Nul n’ignore le succès vertigineux, sous nos latitudes, du livre de Mona Chollet intitulé Sorcières – La puissance invaincue des femmes (2018) et l’unanimisme s’étant emparé de la culture et des médias pour exalter le phénomène et pleurer l’obscurantisme l’ayant autrefois condamné.
Or dans une France confrontée depuis des décennies à un déluge de troubles psychiatriques, qui peut prétendre qu’inciter des adolescentes à pratiquer la magie noire ne va pas aggraver la détresse psychique des nouvelles générations ?
Sommes-nous en train d’aider les femmes ou sommes-nous en train de les broyer – et de nous suicider – en flattant indifféremment toutes leurs inclinations, y compris les pires ?

Si l’on juge un arbre à ses fruits, le féminisme – qui se prétend l’avocat de la dignité de la femme – a du souci à se faire : plus de 50 millions de nouveaux comptes "fans" ont été créés en un an sur OnlyFans pour un total, en septembre 2024, de 305 millions...
La question de la féminolâtrie (enracinement, origines, mécanismes, manifestations, conséquences, etc.) est à l’évidence taboue et aucun autre auteur ne l’aborde frontalement, en séparant le bon grain de l’ivraie avec une déroutante sagesse.
Nous pourrions reprendre le titre du premier ouvrage de Philippe de Vulpillières, L’homme tue et la femme rend fou, et l’appliquer à la politique : le fascisme tue et la féminolâtrie rend fou… Combien de victimes d’homicides en France en 2024 ? Moins de mille.
Combien de Français souffrent aujourd’hui de troubles psychiques ? Plus de 13 millions. Instaurateur de la doxa, l’esprit du temps est violemment psychopathogène, c’est indiscutable.
Fort d’un autre ancrage, à savoir le christianisme tel qu’il devrait être, Philippe de Vulpillières passe les menottes à la matrice spirituelle occidentale, la traîne sur le banc des accusés, et prononce un réquisitoire colossal.
Le wokisme est sur toutes les lèvres mais nul n’a discerné jusqu’à présent ce qu’expose avec brio Le gouffre de la féminolâtrie : le wokisme est l’ultime manifestation d’un matriarcat de mère maquerelle transposant perversement sur les minorités les attentions maternelles dérobées aux mineurs (enfants) et infligeant, dans l’ombre, à ces derniers une crucifixion morale qui propulse tout un chacun vers d’indicibles troubles psychiques.
Philippe de Vulpillières nous a habitué dès son premier livre, L’homme tue et la femme rend fou, a trouver des clés : on se souvient en particulier de celle concernant – excusez du peu – le mécanisme psychoaffectif de l’homosexualité et l’on est frappé de constater combien elle entre en résonance avec l’hypothèse de l’éminent Robert Stoller selon laquelle c’est une symbiose excessive entre la mère et son fils combinée à une absence ou présence passive du père qui conduit à une extrême féminité chez le garçon.
Insoumise, la femme mariée est psychiquement célibataire, se cherche intuitivement un alter ego masculin et tend alors à instaurer avec son fils, ou l’un de ses fils, un rapport malsain, déréglé, souterrainement incestueux, propulsant celui-ci vers l’homosexualité : il trouve la force de ne pas coucher avec sa propre mère, mais pas celle de la "tromper" avec une autre femme. René Girard a longuement démontré le caractère triangulaire du désir : le désir humain étant mimétique, il ne se fixe que sur l’objet que lui désigne un médiateur admiré, un modèle.
Or, pour en revenir au fils proie de l’épouse insoumise, son désir mimétique prend sa génitrice pour médiatrice, à défaut de la prendre pour objet, et l’absence masculine de boussole morale physique donne à cet appétit sexuel de fuite, d’autodéfense et de substitution toute la frénésie qu’on lui connaît.»
(L’homme tue et la femme rend fou, C&R, 2021, pp. 79-80)
Dans ce nouveau livre d’une richesse inouïe, la clé la plus spectaculaire – et la plus inconfortable pour le Zeitgeist – touche à la différence et à la complémentarité des sexes.
Après avoir mis en pièces le dogme féminolâtre selon lequel les cerveaux masculins et féminins sont strictement identiques et pourvus des mêmes aptitudes en relevant notamment que le classement mixte des 100 meilleurs joueurs d’échecs au monde ne compte actuellement aucune femme (Hou Yifan étant 105ème), l’auteur énonce et développe une nouvelle hypothèse aux allures d’exorcisme : vous la trouverez – synthétisée à l’extrême – sur la quatrième de couverture du livre. Et ce n’est qu’un début...
Car puisqu’il s’agit de scruter une matrice spirituelle qui modifie intérieurement ses proies, il convenait d’examiner un patient précis dont les métamorphoses soient symptomatiques et gravées dans le marbre. Cet homme, auquel Philippe de Vulpillières consacre plus de la moitié de son ouvrage, c’est Stanley Kubrick, et ce pour deux raisons :
- Kubrick est un œil et l’œil est, par nature, féminolâtre : on appelle les femmes le beau sexe et la notion de corps-joyau ne fait que surligner – et insérer dans une intelligence de la différence et de la complémentarité des sexes – cette caractéristique.
- Kubrick est d’une sincérité absolue et ne fait que restituer scrupuleusement de film en film, à compter de sa consécration (2001, L’Odyssée de l’espace, 1968), l’exacte configuration psychoaffective dans lequel il se trouve en 1971, en 1975, en 1980, en 1987 et en 1999.
Nous voilà donc face à une féminolâtrie chimiquement pure, pourrait-on dire. Et l’auteur en tire une "psychanalyse révolutionnaire" du réalisateur que valide la mise en lumière historique des "fantômes" d’Eyes Wide Shut : le fantôme de Ruth Sobotka, de Lili Schnitzler, de Paul Mazursky, de Victor Frankenstein, etc.