Dans cet essai, Philippe de Vulpillières s'attaque à ce qu'il appelle "la Société du Suicide", une époque marquée par une destruction progressive des repères traditionnels sous l'influence du féminisme, du libéralisme culturel et de la domination médiatique. L'auteur développe une thèse radicale : la destructivité masculine est physique (meurtre, violence, crime), tandis que la destructivité féminine est psychique (manipulation, mépris, folie). Cette opposition serait au coeur du dérèglement contemporain.
1. La "Société du Suicide" et l'influence du féminisme moderne
L'auteur identifie trois formes de suicide individuel :
Le suicide direct (passage à l'acte)
Le suicide psychique (dépression, troubles psychiatriques)
Le suicide larvé (toxicomanie, addictions)
Selon lui, la société occidentale actuelle est rongée par une crise mentale généralisée, avec 13,2 millions de Français touchés chaque année par des troubles psychiatriques (TOC, anxiété, dépression, schizophrénie…). Il impute cette situation à un déséquilibre profond dans les rapports hommes-femmes, où le féminisme, au lieu de rétablir l'égalité, aurait renforcé une forme de domination psychique féminine.
L'un des piliers de cette "Société du Suicide" est la parité, qui repose sur une fausse conception de l'égalité. L'auteur rejette l'idée que l'homme et la femme auraient des cerveaux identiques et interchangeables. Il souligne que si la femme bénéficie d'un physique esthétiquement supérieur ("le beau sexe"), l'homme, lui, incarne la brutalité et la destruction. Cela expliquerait pourquoi les hommes représentent 96,6 % des prisonniers en France et constituent la majorité des criminels violents.
2. La féminolâtrie et la guerre des sexes
Vulpillières dénonce ce qu'il appelle la "féminolâtrie", une vénération irrationnelle des femmes qui leur attribuerait un double joyau (corps et cerveau supérieurs), alors que l'homme ne serait perçu que comme une menace. Il remet en question l'image de la femme opprimée, affirmant au contraire qu'elle exerce une domination psychologique puissante sur l'homme.
Il avance l'hypothèse suivante :
L'homme possède une boussole morale psychique, mais pas physique.
La femme possède une boussole morale physique, mais pas psychique.
Ainsi, les hommes tuent, mais les femmes rendent fous. Ce déséquilibre expliquerait pourquoi la société occidentale valorise aujourd'hui la femme au détriment de l'homme, le poussant à la marginalisation ou à la destruction mentale.
3. L'essor de la télévision et la destruction du modèle héroïque masculin
L'auteur s'intéresse ensuite à l'évolution du rôle masculin au XXe siècle. Il identifie deux tournants majeurs :
La métamorphose de la guerre : les conflits modernes sont devenus des compétitions technologiques, ridiculisant le modèle du soldat héroïque et sapant l'autorité masculine.
L'essor de la télévision : en remplaçant la force et le courage physique par un règne de l'image, elle a permis "un coup d'État de la beauté sur la force", renforçant la supériorité esthétique féminine et faisant de la femme une nouvelle figure de pouvoir.
Cette transformation a conduit à la libération de la femme de la "boussole morale psychique" masculine, la faisant basculer dans une forme de domination destructrice. L'auteur dénonce la figure de "l'épouse de harem" et de "la Gestapo de maman", où la femme moderne serait devenue un agent de contrôle et d'oppression dans le cadre familial et social.
4. La sexualité, l'hyperlibéralisme et la "partouze totale"
Vulpillières s'appuie sur les travaux du philosophe marxiste Clouscard pour critiquer la société libérale libertaire, où la libération sexuelle a entraîné un effondrement moral. Il met en parallèle cette évolution avec la décapitation de
Jean-Baptiste dans les Évangiles, symbolisant la destruction des repères traditionnels par la culture médiatique.
Il reprend le concept de "festivisme" (emprunté à
Philippe Muray), expliquant que la société a troqué des criminels (nazisme) contre des suicidés (libéralisme sexuel). Cette évolution a produit un déluge de traumatismes, où la banalisation du plaisir et de la séduction a généré un "marécage d'horreur", avec en premier plan l'inceste.
L'auteur cite un rapport parlementaire de 2009 évoquant un million de victimes d'inceste en France, dénonçant ainsi la valorisation excessive de la sexualité comme facteur de destruction psychique.
Dans cet univers où tout repose sur la séduction et l'apparence, les valeurs morales sont remplacées par des critères mondains : beauté, richesse, humour, statut social. Or, selon l'auteur, la valeur véritable d'un individu réside dans sa moralité (bonté, sincérité, loyauté…). Il souligne que les femmes, par leur pouvoir de séduction, deviennent des pourvoyeuses de mépris, ce qui engendre un cycle de frustrations et de violences dans les relations hommes-femmes.
5. le double bind et la naissance d'un "homme nouveau"
S'appuyant sur les travaux de
Gregory Bateson, l'auteur analyse le phénomène du
double bind (injonctions contradictoires qui rendent fous). Il estime que la femme moderne place l'homme face à une aporie :
S'il cède aux plaisirs imposés par la société, il devient esclave de ses pulsions et finit dans l'échec.
S'il rejette cette logique, il est marginalisé et contraint à une chasteté forcée.
Il décrit ainsi l'évolution de la libido féminine :
Avant, la femme cherchait un homme-protecteur ("libido narcissique de type F").
Aujourd'hui, elle consomme les hommes dans une logique purement physique ("libido objectale de type H"), avant de sombrer dans "le marécage relationnel", puis dans une chasteté subie après 40 ans.
L'auteur évoque alors la guerre des femmes entre elles, expliquant que la lutte pour la séduction les pousse à se rallier au féminisme pour rester solidaires. Cette inclination serait exacerbée par certaines figures féminines qui alimentent la haine contre les hommes.
6. La chute de l'homme et la folie du monde moderne
Le livre se clôt sur une vision apocalyptique du monde contemporain. L'auteur compare la société moderne au destin d'Aguirre dans Aguirre, la colère de Dieu, où l'homme, privé de boussole morale, sombre dans la démence et l'autodestruction. Il critique la quête de l'Eldorado féminin, où l'homme est consumé par une illusion de puissance avant d'être réduit à néant.
Il appelle finalement à un retour aux repères spirituels et moraux traditionnels, où l'homme et la femme retrouveraient leurs rôles complémentaires :
L'homme comme garant de la vérité et de la justice.
La femme comme incarnation de l'amour et de la paix.
Conclusion
"Le Gouffre de la Féminolâtrie" se veut une critique virulente de l'idéologie féministe et du libéralisme culturel. À travers une analyse des médias, de la sexualité et des relations hommes-femmes, Philippe de Vulpillières propose une lecture radicale des transformations sociétales récentes, qu'il voit comme une marche vers la folie collective et la destruction de la civilisation.
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Sebastiend sur Babelio.
17 février 2025