
Voilà un exemple de ce que peut la PNL (Programmation Neurolinguistique), dont le nom de code chez ceux qui l’emploient le plus (et de la façon la plus scélérate) est « sensibilisation ». La « sensibilisation » est le principal outil au service d’une activité de manipulation des masses elle-même camouflée sous le vocable d’« activisme » (domaine d’action par excellence des « ONG »). Une fois ces équivalences comprises, vous pouvez relire Schwab (et toute la littérature davosienne), et constater que pratiquement rien de ce qu’ils vous font n’est caché – sinon par l’obscurité non-perçue des termes (et le fameux unknown unknown dont Taleb fait tout un plat, en fait, c’est ça).
Or, parmi les facteurs qui ont contribué à la réussite de ce coup d’Etat culturel à l’échelle de tout un continent, il y a le mépris de la liberté qu’affichaient depuis des décennies de nombreux intellectuels « antisystème » comme moi – dont les critiques à l’encontre du capitalisme du désastre en cours de perfectionnement en Occident étaient certes, le plus souvent, justifiées, mais qui, en même temps, rataient rarement l’occasion d’adjoindre à cette critique légitime une apologie (d’autant plus fervente qu’elle était, le plus souvent, basée sur une ignorance à peu près complète) de régimes autoritaires comme ceux de MM. Poutine ou Xi. Nous le faisions sous l’influence d’intellectuels comme A. Douguine, qui – tout en n’entretenant (comme on s’en rendait compte lors de conversations privées) aucune illusion quant à la véritable nature desdits régimes – puisaient dans diverses mystiques ad hoc (l’esprit de « la Terre » contre celui de « la Mer » etc.) des apparences d’arguments nous amenant à prendre pour des alternatives politiques des régimes qui n’étaient en réalité (comme leur agenouillement covidiste le démontre depuis bientôt deux ans) que des imitations imparfaites de l’Occident, coincées entre leur pulsion mimétiques et les sporadiques réflexes de défense que leur extorquaient – contre leur gré – les appétits de Gleichschaltung parfois un peu brutaux de certains secteurs métropolitains de l’Empire occidental.
Pendant qu’ils prêchaient « l’Eurasie » ou autres fadaises, ces milieux « illibéraux » de la périphérie impériale n’avaient en réalité (comme le montrait clairement, par exemple, le comportement de leurs propres enfants) qu’une hâte : s’approprier (que ce soit sur place ou au centre de leurs mégapoles occidentalisées) la liberté européenne – celle que nous avons méprisée jusqu’à ce que Schwab et sa clique y mettent fin.
Parmi les racines de cet aveuglement systématique de toute une génération d’intellectuels (ceux capables de pensée ayant presque tous opté – forcément – pour le « camp dissident »), citons, pêle-mêle : l’influence délétère de la pseudo-pensée catholique, généralement représentée, non par des Bernanos, mais des nostalgiques du Troisième Occident (comprendre : de l’absolutisme royal) ; l’embranchement nazi de cette crétinerie de groupe, passé à l’histoire sous le label Karl Schmitt ; l’influence du Cercle de Rome – et plus généralement de la non-pensée écolo – sur une bonne partie de la Nouvelle Droite à ses début ; et le plus vicieux des héritages de la période anticoloniale : celui qui nous amenait à rêver de bons sauvages là où n’existaient que des prolétaires postsoviétiques arriérés, mais impatients de rattraper le niveau occidental de métrosexualisation et de netflixation de l’existence (or c’est précisément de ce désir de mort que Poutine est, par exemple, le nom en Russie).
Et maintenant, la plus mauvaise des nouvelles : une fois la poule aux œufs d’or égorgée, farcie, cuite et mangée à la sauce « subventions covidiennes sur argent-dette », à nous, il ne nous reste ni l’industrie hégémonique qui est désormais celle de la Chine, ni le gaz de Sibérie, ni US Army, ni la dynamique démographique (qui, n’en déplaise aux diverses Greta transgenres de l’extrême-droite, est une force) de l’Inde ou du Pakistan. A salaire égal, les gens venaient du monde entier vivre, travailler et/ou investir en Europe, pour s’asseoir avec insouciance dans des cafés, exercer à tort et à travers la liberté d’expression et vivre sans la crainte de l’État policier.
Game over.
Modeste Schwartz
4 novembre 2021.
Les propos n'engagent que leur auteur et non la direction de la publication des éditions Cultures & Racines.
Piero San Giorgio
Pierre Hillard
Éric Verhaeghe
Frédéric Delavier
Lucien Cerise
Francis Cousin
Youssef Hindi
Joseph A. Tainter
Modeste Schwartz
Pierre-Antoine Plaquevent
Philippe de Vulpillières
Jean-Loup Izambert
Alexandre Caget
Vol West
Cris Millennium
Dmitry Orlov
Jean-Philippe Lévêque
Iurie Roșca
Michel Drac
Laurent Obertone
Édouard Husson
Xavier Moreau
Laurent Ozon
Robert Steuckers
Pepe Escobar