La « santé mentale » des femmes est plus menacée que celle des hommes, s’alarme-t-Elle. Pour des raisons liées – dans un tiers des cas à en croire les déclarations des concernées – à leur travail. Question qu’Elle ne posera pas, et qui devrait d’ailleurs prochainement mener en prison : et si la mauvaise idée, c’était le travail des femmes ?
Pour illustrer l’article, Elle s’est pas foulée : le magazine recycle cette photo de bonne femme (soignante ?) en tenue de travail vaguement sanitaire, assise par terre, dans un couloir, le visage enfoui dans ses mains.
Véritable icône de la Nouvelle Normalité, ce cliché omniprésent – qui illustre avec la même efficacité toutes les urgences : virologiques, climatiques et « de santé mentale » – est une pietà post-moderne, naturellement sans enfants, qui a remplacé le fils crucifié par, d’une part la grossesse nerveuse des bons sentiments, d’autre part l’angoisse du manque de moyens. Car quand on lui montre l’icône, le Très-contribuable doit piger que le moment est une fois de plus venu de raquer.
Biologiquement prédestinées à la maternité et à l’espace d’Hesta (déesse grecque du foyer), les femmes résistent moins bien à l’espace d’Hermès (dieu du commerce, du risque…), où les hommes – spécialement sélectionnés à cette fin par des millénaires d’évolution – s’affrontent avec machiavélisme et brutalité. Qui l’eût cru ?!
Féminisme ou santé mentale : choisis ton camp, camarade !
D’après ce même Baromètre santé au travail cité par Elle, les femmes seraient « davantage confrontées à la monoparentalité » et se feraient « plus de soucis pour leur famille ». Encore un mystère. Existerait-il un lien particulier entre les petits humains et leur génitrice ? Tout au fond de l’hallucination occidentale de l’humain abstrait/indifférencié, Elle tâtonne dans la pénombre.
Etiquette féministe oblige, l’article (comme le rapport commenté) ne pouvait pas se clore sans s’être incliné devant le mythe du pay gap : « Elles perçoivent aussi en moyenne des salaires inférieurs de 24,4% à ceux des hommes ». Pour des raisons qui n’ont rien à voir avec quelque discrimination que ce soit (ou alors : positives !), et que l’article n’occulte d’ailleurs même pas : importance du mi-temps et attrait des professions « de la Santé et de l’Action sociale ».
Tant que les assistantes sociales ne seront pas mieux payées que les ingénieurs, nous vivrons en paradigme machiste !
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