Schwab a gagné I Par Modeste Shwartz

Schwab a gagné. Je ne veux pas dire par là (loin de moi cette idée !) que les fantasmagories futurologiques du Great Reset ou de la 4e Révolution industrielle auraient la moindre chance d’advenir.

A vrai dire, en termes relatifs, je dirais même qu’elles avaient probablement plus de chances d’advenir, petit à petit, à la veille de l’Opération Covid qu’elles n’en ont aujourd’hui.
En Occident : on ne reconstruit rien (surtout pas « better ») en plein milieu de l’incendie. Et rien ne garantit que les pyromanes resteront aux manettes jusqu’au début de la reconstruction – bien au contraire.

Quant à l’Asie orientale, elle va poursuivre son propre programme de numérisation du suicide culturel (en attendant que la démographie la finisse à son tour), tout en confortant son monopole sur la technostructure.
Les grands perdants de l’opération étant donc, justement, les oligarques occidentaux qui ont fait confiance à Schwab, Gates etc. : à la faction fanatique des philanthropes en bande organisée, et à leur messianisme woke, « vert et inclusif ».

En revanche, Schwab, guidé par sa haine de la liberté et (pour paradoxal que cela puisse sembler) de la société ouverte des Popper, Soros &Cie, aura réussi à plier la réalité à ses goûts. A la manière du grand bourgeois Trotski (d’abord exilé, puis assassiné), il obtiendra sans pouvoir le contrôler l’instauration d’un communisme – quoique pas forcément du communisme de ses rêves.

En effet, s’il y a bien un aspect du programme covidien qui ne peut pas rater, c’est que les catastrophes nationales (et a fortiori continentales) mènent à des séquences historiques d’étatisation.
Des scénarios de type « Mad Max » peuvent certes se concrétiser dans une certaine mesure, provisoirement et/ou à la marge du système occidental. En Europe de l’Est sous domination occidentale, par exemple, on m’a signalé diverses frontières théoriquement filtrantes (frontières externes de Schengen et/ou de l’UE) où les douaniers écœurés, non content de totalement ignorer les « règles sanitaires », ne contrôlent même plus les identités des personnes et des véhicules.

Mais il est tout de même difficile d’imaginer que les autres acteurs géopolitiques tolèrent durablement l’anarchie qui s’installe dans les grands Etats occidentaux, compte tenu de leur niveau d’équipement (notamment militaire). Elle les inquiétera au moins autant que l’anarchie russe de la fin des années Eltsine avait angoissé lesdits Occidentaux (à l’époque où ils étaient encore capables de logique et d’arithmétique). Au pire, le retour à l’ordre se fera donc (au moins officieusement) sous fanion chinois, indien, turc, voire russe – même si la Russie, par exemple, est elle aussi menacée d’instabilité : raison de plus pour prendre les devants.

Et, dans le cas où les Occidentaux resteraient malgré tout maîtres de leur destin, il ne restera plus qu’à choisir quel étatisme adopter. Ou, pour le dire un peu crument : qui déposséder pour nourrir les victimes de la catastrophe schwabienne ?

Et finalement, les oligarques de Davos font d’assez bon candidats au sacrifice des Templiers : victimes du cosmopolitisme du projet occidental, ils n’auront pour la plupart pas la possibilité de se travestir en « oligarchie nationale », comme les barons voleurs de la Perestroïka à partir de l’avènement de Poutine. Et surtout : en acquiesçant à l’Opération Covid, ils se sont volontairement privés de la quasi-invisibilité politique qui constituait leur principal atout depuis les tout débuts du projet davosien. Devenant, comme le Vatican, un Etat de façon quasi-officielle, ils sont dorénavant exposés à la critique sardonique de tous les Staline de ce bas monde : « Davos, combien de divisions ? ».

Modeste Schwartz
6 septembre 2021.

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