Les injections sont l’équivalent biopolitique de l’arme nucléaire en termes géopolitiques I Par Modeste Schwartz

Les injections, c’est à la fois l’équivalent biopolitique de l’arme nucléaire en termes géopolitiques, et la solution au trilemme de Rodrik (que Schwab mentionne explicitement).


De même que le cas iranien montre à quel point la conservation d’une souveraineté réelle est devenue problématique hors-bombe, il va de soi que, dans la « décennie (dixit Gates – mais il faut peut-être lire : le siècle) des injections », des pays incapables de produire leurs propres sérums seront condamnés à un sort de dominion.

A l’interne, cette innovation apporte une solution simple au trilemme de Rodrik, par la suppression de la démocratie. Pas question, en effet, pour Davos de faire disparaître « l’Etat-nation », c’est-à-dire cette collection de coquilles vides gérées par des pantins dudit Davos, qui a tous les pouvoirs, en leur laissant l’intégralité de la responsabilité (et, last but not least aussi parce que les autres Etats-nations – Chine, Russie, Inde, Brésil – ne seraient pas forcément d’accord). D’où la naïveté touchante des futurologies utopiques et dystopiques à base de « gouvernement mondial » : non seulement il ne sera jamais mondial, mais en plus, dans la partie du monde qui l’héberge, il existe depuis longtemps. En résumé : ce n’est pas un gouvernement, mais une gouvernance ; elle est aussi mondiale que l’UE ; et elle appartient, non au futur, mais au présent – mais sinon, vous aviez tout juste ! 

Par ailleurs, au sein « d’un » gouvernement mondial, la démocratie réelle à l’âge des injections va prendre la forme de la dette perpétuelle : on vote une seule fois dans sa vie, dans des conditions de pluralisme très limité, mais de façon irrévocable, en tendant le bras et en délégant son système immunitaire à un dispositif dont on va, par conséquent, rester dépendant (au moins psychologiquement) tout le reste de sa vie. Ensuite, on pourra toujours, au titre du divertissement des masses, organiser de temps en temps un simulacre de débat, comme entre le « mondialiste » Macron qui veut plus de passeports à piquouzes et la grosse « identitaire » qui veut plus de fermetures d’écoles et de frontière (l’un drague des bobos encore capables d’aller abuser de gosses dans le Tiers-monde, l’autre, un quatrième âge hypocondriaque et cathodique). Ou encore entre un Macron dûment zemmourisé et une Méluche jouant jusqu’au bout sa ridicule partition indigéniste. Mais pour les piqués, les vrais choix (comme celui de l’UE, de l’OTAN, de l’OMS etc.) resteront indéfiniment au-delà de l’horizon de leur existence ovine.

Or Davos, depuis 2016 au plus tard, ne veut plus rien d’autre : garantir la pérennisation (disons, pour la dernière génération qui lui reste) de la féodalité financière d’ores et déjà établie, dans un monde où ses marges de progression néocoloniale ont disparu du fait de la concurrence des BRICS, pendant que Gutenberg3.0 (l’information numérique) complique son contrôle du spectacle (frayeur de 2016). Leur but de guerre : gérer la suite et la fin de l’atrophie économique et démographique de l’Occident sans avoir à passer la main.

Et, accessoirement, stabiliser les frontières de cet empire palliatif résiduel. Début 2020, il existait peut-être aussi un scénario plus triomphalement délirant, dans lequel le reste du monde finit aussi shooté au Pfizer, mais le lancement des sérums russes, chinois etc. a vite sifflé la fin de cette récréation-là. D’où l’immense énervement de l’oligarchie occidentale à l’encontre du Gypsy King de Budapest (expulsé du PPE pour sa peine), qui, tout en concurrençant BoJo dans l’art de servir à Davos le café et les pipes, a servi de cheval de Troie à Sputnik et Sinopharm dans l’UE.

Modeste Schwartz
Avril 2021.

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