Klaus Schwab, prophète post-Covid ou gourou politique ?

Modeste Schwartz, qui nous avait offert un ouvrage pamphlétaire, mais percutant, sur le féminisme (YIN, lOccident comme cunnicratie) revient aujourd’hui avec un nouveau livre traitant d’un sujet fort différent mais tout aussi crucial.

Avec Le Magicien de Davos, toujours édité par la dynamique maison Culture & Racines, il s’attaque en effet à un autre fléau de l’époque : la crise du Covid et sa gestion par les élites oligarchiques. De quel « magicien » s’agit-il ici ?

De Klaus Schwab, le patron et fondateur du Forum de Davos. Jusqu’à il y a peu, le nom de cet économiste allemand était à peine connu. Pourtant, il a fondé l’un des plus influents cercles du mondialisme, le Forum économique mondial également appelé Forum de Davos. Les membres de cette association sont le gratin du monde capitaliste. De nombreux chefs d’Etat ou de gouvernement ainsi que les dirigeants des plus grands groupes mondiaux se réunissent en Suisse, sous son égide, chaque année, depuis 1971. Pour participer, les entreprises payent un droit d’entrée qui s’élèverait à 60 000 euros avec l’adhésion à la fondation. On s’en doute, c’est un cénacle dont l’influence est considérable…Pourtant, pendant longtemps, ce rassemblement n’a intéressé que les participants. Ce n’est que plusieurs années après sa création que des manifestants se sont organisés contre ce cénacle mondialiste devenu le symbole du libéralisme le plus agressif.

Afin d’apaiser les craintes des populations, Jacques Attali, éternel défenseur des élites, se voulait rassurant en déclarant en 2009 : « Il ne faut y voir rien de plus qu’une machine à café mondiale où des gens se rencontrent, bavardent, se serrent la main, échangent des tuyaux et s’en vont ». Bref, circulez, il n’y a rien à voir…

De grandes tendances du capitalisme naissent pourtant à Davos chaque année, notamment en période de crise. Ainsi, au cœur de la tempête sanitaire actuelle, Klaus Schwab a publié un livre, Covid-19 : la Grande Réinitialisation, ouvrage écrit à quatre mains avec Thierry Malleret, un Français qu’on pourrait qualifier de « rocardien ».

Au sujet de ce livre, on a pu lire tout et son contraire, mais peu de personnes ont pris le temps de le disséquer et de le mettre en perspective. C’est un travail délicat et précieux auquel Modeste Schwartz s’est employé avec brio sans tomber dans les nombreux pièges de l’exercice. Toujours sur une ligne de crête, il tente de ne rien céder au « complotisme » ou à l’« anticomplotisme » systémique. S’en tenant aux faits et aux écrits, il met en perspective les recommandations de Schwab et les replace dans un contexte historique et/ou philosophique.

Certains trouveront le propos timoré, d’autres le jugeront au contraire excessif ; à tous ceux-là, l’auteur répond dans le livre : « Le niveau de rationalités des "conspis" [pour conspirationnistes] ne dépasse pas celui des croyants covidiens ».
L’exercice proposé dans Le Magicien de Davos est de tenter d’y voir plus clair quant aux décisions prises par les divers gouvernements ces douze derniers mois, de les analyser le plus sereinement possible afin de savoir si elles répondent à des nécessités de santé publique ou bien si elles servent d’autres objectifs…

Jean Ernice
Journal Présent
23 avril 2021.

  • Modeste Schwartz, Le Magicien de Davos – Vérité(s) et mensonge(s) de la Grande Réinitialisation, Culture & Racines éditeur, 2021, 204 pages, 17 euros. •

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