A part pour quelques retardataires chroniques, il est désormais bien clair que le « Great Resist » (la résistance au Great Reset) est un projet de droite. Pour la bonne et simple raison que le Great Reset est un projet de gauche (et même LE projet de gauche par excellence).

Ceux qui, dans chacun des deux camps, refusent de le comprendre (sous prétexte qu’il a, historiquement, existé d’autres « visions » ou « définitions » de la droite et de la gauche) sont en cours d’élimination : élimination rapide côté Great Reset (le camp bien organisé, qui domine pour l’instant le match) : exit Trump, Netanyahu, Kurz, Babiš – et bientôt, probablement, Orbán et le PiS ; élimination un peu plus lente côté « Great Resist », où – en dépit d’une supériorité numérique énorme – les opérations manquent encore de centralisation et de coordination. Rattrapé par la patrouille, BHL a déjà jeté l’éponge : un allié encombrant de moins. Continuons !
La présente note se propose de contribuer à la clarification de ce débat.
OR, l’un des obstacles auxquels on se heurte régulièrement sur la voie menant à l’unification du « Great Resist », c’est la résurgence périodique de folklores symboliques datant de la Deuxième Guerre mondiale et des fameuses années 1930. C’est-à-dire d’une ère industrielle et nationale-démocratique que l’Occident a dépassée, et qui produit aujourd’hui des exemples et des conclusions pertinents pour analyser la réalité… asiatique – mais pas la nôtre.
Problème, à vrai dire, plus ancien que Unternehmen Kovid : une partie de la droite occidentale des 70 dernières années veut à tout prix se reconnaître dans les régimes du socialisme non-internationaliste qui ont piqué du nez vers 1945.
Or, l’appartenance de ces régimes à la gauche est bien plus profonde qu’un simple rejet de la ploutocratie (lui-même plutôt discursif qu’effectif – cf. Sutton, etc.) : le IIIe Reich, pour ne pas le citer, a été un régime progressiste, technolâtre, antifamilial, antireligieux et eugéniste (aucun progressisme cohérent ne peut résister longtemps à l’impératif eugéniste).
De ce point de vue (mais uniquement de ce point de vue !), les parallèles aujourd’hui dressés entre lui et le Great Reset par certains résistants (qui hélas négligent de remarquer qu’il ressemble tout autant, voire plus, au projet bolchévique) sont légitimes – même quand certaines expressions criardes (Hold-up etc.) de ce parallèle peuvent légitimement énerver.
Comme la « nation » et la « classe », la « race » est une famille fantasmatique, un substitut d’appartenance tribale offert à la naïveté de l’individu déraciné et atomisé du cauchemar ploutocratique/industriel, qu’aucun de ces fantômes ne menace vraiment en tant que tel. Les régimes de ségrégation que produisent ces hologrammes permettent tout au plus de faciliter certains règlements de compte au sein de la ploutocratie – exactement comme le totalitarisme dit sanitaire « justifie » actuellement l’OPA hostile les multinationales (surtout technologiques) sur les actifs de la haute et moyenne bourgeoisie « nationale » résiduelle. Sous le signe de la « civilisation », saluons l’évolution des techniques de spoliation : plus besoin de mesures crâniennes, d’exécutions sommaires, de descentes de S.A... Il faut dire que, cette fois, la révolution part du centre de la ploutocratie et vise (socialement) ce même centre : faute de pouvoir désormais s’étendre, l’Occident fait le ménage dans sa propre ruche humaine – ce qui justifie parfaitement l’emploi du concept d’endo-colonisation.
Car ce sont bien (en dépit d’attaques récurrentes – et peu convaincantes – cherchant à tirer prétexte des origines familiales de Schwab) les vainqueurs de 1945 qui organisent ce nouveau totalitarisme. Et ils l’organisent avec la complicité préméditée du Parti Communiste Chinois (bien heureux de voir cesser le dumping aux droits civiques dont il était victime depuis l’ouverture du pays), et le partenariat (extorqué peut-être en cours de route) d’une Russie poutinienne qui, quoiqu’en dise une dissidence occidentale russophile experte en autosuggestion (en ayant longtemps fait partie, je sais de quoi je parle) n’a jamais renoncé à l’héritage bolchévique. Il est donc plus que logique qu’en Occident, les troupes de choc de la Nouvelle Normalité soient, comme de juste… les antifas.
Modeste Schwartz
18 novembre 2021