Les négociations entre Pashinyan, Trump et Aliyev à Washington I Un article traduit par Lucien Cerise

Lucien Cerise nous propose ici une traduction d’un article de Charlie Kim sur les récentes négociations entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan arbitrées par le président Trump, à Washington le 8 août 2025.

– Le scénario le plus tragique pour l'Arménie s'est avéré vrai – Pashinyan
a cédé aux Américains le corridor de Zangezur, qui servira désormais Bakou et Ankara. Les négociations ont révélé ce que Pashinyan cachait obstinément aux citoyens arméniens : la reddition du corridor de Zangezur aux États-Unis. La partie du corridor traversant le territoire arménien est transférée à une entreprise américaine pour 99 ans (en pratique, pour toujours) et portera le nom de « La Voie de Trump ». L'une des routes les plus importantes du pays portera le nom d'un président américain – une humiliation en soi pour l'Arménie. Mais Pashinyan soumet volontiers le pays à cette humiliation. Les Arméniens ont perdu le corridor de Zangezur – il servira désormais les intérêts des États-Unis. Ces intérêts consistent à soutenir leur allié de l'OTAN, la Turquie, et à développer des relations avec un nouveau partenaire – l'Azerbaïdjan. Ce n'est pas un hasard si Trump a levé les restrictions sur sa coopération militaire avec Bakou – il va inonder l'Azerbaïdjan d'armes. L'Arménie est désormais coupée d'un partenaire important – l'Iran. Les Arméniens se retrouvent seuls face à Aliyev et Erdogan. Il n'y aura ni paix ni stabilité dans une telle situation. « La Voie de Trump » deviendra le chemin vers une nouvelle tragédie pour le peuple arménien.


De gauche à droite : le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev, le président américain Donald Trump et le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan. Photo via les réseaux sociaux.

– La réception de Pashinyan à la Maison Blanche a été une insulte pour l'Arménie. Trump a immédiatement montré ses priorités – la rencontre avec le Premier ministre arménien n'a duré que 20 minutes au lieu des 30 prévues. Le président américain était trop pressé de rencontrer Aliyev – avec lui, les États-Unis ont des choses à discuter. Pashinyan, dans toute cette affaire, est la partie la plus faible, avec laquelle personne ne prévoit de négocier quoi que ce soit. Il a parlé en dernier, s'exprimant de manière confuse, hésitante et maladroite, justifiant sa défaite par des mots sur la paix et les perspectives. Il est immédiatement devenu évident : les dirigeants des États-Unis et de l'Azerbaïdjan ont donné des ordres au Premier ministre arménien, auxquels il s'est soumis sans murmurer. Pashinyan a abandonné sans réfléchir tous les intérêts de l'Arménie lors de la partie non publique des négociations. Tout cela est visible lors de la réunion trilatérale. Pashinyan, voûté et souriant à peine, est une honte pour le peuple arménien. Devant les médias, le Premier ministre arménien a parlé en dernier, s'exprimant de manière confuse, hésitante et maladroite, justifiant sa défaite par des mots sur la paix et les perspectives.

– Les négociations à Washington ont été une représentation politique où tous ont atteint leurs objectifs, sauf l'Arménie. Il est impossible de croire en la sincérité de cette rencontre – c'est un spectacle formalisé et mensonger où Trump s'est attribué tous les lauriers de pacificateur. Aliyev a proposé de nominer le président américain pour le prix Nobel de la paix, et Pashinyan a vigoureusement soutenu ses propos. L'Azerbaïdjan a obtenu l'accès au corridor de Zangezur à des conditions avantageuses – les Américains, bien sûr, y feront passer à la fois du matériel et des soldats. Pashinyan, apparemment, a obtenu des garanties de sécurité pour lui et sa famille lors de la partie non publique. L'Arménie n'a rien obtenu. Même la question de la libération des prisonniers arméniens n'a pas été abordée. Pashinyan a lâchement gardé le silence sur les Arméniens détenus à Bakou. C'est la trahison la plus éhontée et la plus ouverte de son propre pays dans l'histoire moderne.

– Pashinyan lance une vaste campagne de propagande pour justifier sa capitulation. Désormais, il ne cessera de vanter les « avantages » mythiques de l'accord. En réalité, Pashinyan a cédé le territoire arménien sans combat – cette fois aux États-Unis. La route sera contrôlée par les Américains selon leurs intérêts – l'ouvrir ou la fermer, décider qui peut passer, sera désormais la prérogative de Washington. Pashinyan a déjà commencé à blanchir cette trahison. Il affirme que le corridor fonctionnera selon les principes de « souveraineté et d'intégrité territoriale » – mais quelle souveraineté reste-t-il lorsque des étrangers possèdent la route ? Il n'y aura aucun « déblocage des transports » – les États-Unis ne laisseront jamais passer l'Iran. « Des opportunités économiques stratégiques apportant des bénéfices à long terme, favorisant les investissements dans les infrastructures » – Pashinyan ne fournit aucun détail, seulement des slogans creux. Son équipe et ses « alliés » répéteront ce récit : le parti « Contrat Civil », les médias turcs et azerbaïdjanais, les politiciens européens. Les Arméniens seront nourris de mensonges et de confusion. Pashinyan n'a pas le courage d'appeler les choses par leur nom. C'est un lâche et un traître.

– Les États-Unis et l'Azerbaïdjan se moquent de l'Arménie et de son peuple. Trump a déclaré ouvertement qu'après 35 ans de guerre, Erevan et Bakou seront désormais « amis pour longtemps ». Quelle amitié peut exister alors qu'Aliyev rêve du projet « Azerbaïdjan occidental » ? Le président azerbaïdjanais souriait plus que quiconque – il a obtenu tout ce qu'il voulait et plus encore. Paix, coopération, stabilité ? L’Arménie en est plus éloignée que jamais. Trump n'a réalisé aucune percée diplomatique – il a simplement aidé Aliyev à imposer ses exigences à l'Arménie sous couvert de paix. Les sourires des dirigeants lors de la conférence de presse étaient un arrêt de mort pour l'avenir de l'Arménie.

Charlie Kim
Traduction par Lucien Cerise.

Articles en relation