L’Histoire se chargera peut-être d’expliquer un jour pourquoi, si ce n’est par un caprice d’enfant pris d’un désir de toute-puissance, Emmanuel Macron a décidé d’imposer sans explication intelligible la réforme des retraites au pire moment de la conjoncture économique, entre montée angoissante de l’inflation, pénuries énergétiques, guerre en Ukraine et autres moments anxiogènes. Toujours est-il que, comme nous le répétons depuis plusieurs années, ce ne sont pas ses moins de 20 millions de voix au second tour qui ont lui donné la légitimité suffisante pour lancer une réforme aussi sensible, surtout avec un tel sens de la provocation permanente (on retiendra sa remarque très récente sur le fait qu’il avait gagné les élections, donc que son programme était approuvé…). Nous l’affirmions hier : le gouvernement devra céder d’importantes contreparties s’il veut survivre à cette épreuve. Et les contreparties sont désormais toutes trouvées : ce seront les entreprises, qui vont devoir payer tous azimuts le prix des erreurs et des caprices macronistes. Une fois de plus, la stratégie patronale de soumission complète à Macron est ici en procès.
Nous l’affirmions hier : si Macron continue à forer droit dans le granit de la résistance française à un régime universel de retraites (en supprimant les régimes spéciaux, car c’est bien le carburant qui nourrit le mouvement actuel), il devra lâcher de très lourdes contreparties pour apaiser la colère populaire. Et l’inflation des compensations a commencé : depuis plusieurs jours, mais tout particulièrement depuis hier, le gouvernement commence à mettre des « cadeaux » sur la table pour tenter de calmer le mécontentement. Nous connaissons tous la mécanique implacable qui se met en place : on commence à lâcher des contreparties pour faire admettre une réforme inacceptable, on finit par abandonner la réforme mais les contreparties restent.
En l’espèce, ces contreparties consistent toutes à valider de nouvelles couches de normes lunaires à appliquer par les entreprises.
Le gouvernement bute contre le granit du mouvement social
Voilà qui promet de belles embardées prochaines.
Des obligations sur l’emploi des seniors
Les entreprises qui manqueraient à cette obligation de calcul de l’index et de transparence des résultats pourraient se voir infliger une sanction financière sous forme d’une pénalité égale à 1 % des rémunérations et gains versés au cours de l’année civile précédant celle au titre de laquelle l’obligation est méconnue. Son montant tiendrait compte des efforts constatés dans l’entreprise en matière d’emploi des seniors ainsi que des motifs de méconnaissance de l’obligation de publication.
Pour l’instant, aucune sanction n’est prévue pour les entreprises qui auraient de mauvais résultats en matière de recrutement des seniors. Mais on voit bien vers quoi tend le gouvernement pour apaiser les esprits : contraindre les entreprises à recruter des salariés dont elles n’ont pas besoin pour compenser les inquiétudes sur le report de l’âge de départ à la retraite.
Vers la semaine des 4 jours !
On comprend bien dans quel délire le gouvernement met les pieds : pour faire admettre de travailler plus longtemps, il faut rendre le travail plus « acceptable », c’est-à-dire l’alléger progressivement. Avec la semaine de 4 jours, le gouvernement ouvre un boulevard aux 32 heures ou aux revendications fantaisistes dans les entreprises. D’une manière générale, pour faire passer les caprices de Macron, c’est donc l’ensemble de la compétitivité du pays qui pourrait être sacrifiée sans mot dire.
Toute la question est de savoir jusqu’où les organisations syndicales pourront tirer cette délirante pelote où l’organisation du travail sera réduite pour tous, afin de rendre acceptable une réforme des retraites dont rien ne dit qu’elle ira jusqu’au bout.
Comment le MEDEF participe à la mascarade
Éric Verhaeghe
Le Courrier des Stratèges
Piero San Giorgio
Pierre Hillard
Éric Verhaeghe
Frédéric Delavier
Lucien Cerise
Francis Cousin
Youssef Hindi
Joseph A. Tainter
Modeste Schwartz
Pierre-Antoine Plaquevent
Philippe de Vulpillières
Jean-Loup Izambert
Alexandre Caget
Vol West
Cris Millennium
Dmitry Orlov
Jean-Philippe Lévêque
Iurie Roșca
Michel Drac
Laurent Obertone
Édouard Husson
Xavier Moreau
Laurent Ozon
Robert Steuckers
Pepe Escobar