COMBIEN DE LINDSAY CLANCY EN AFGHANISTAN ? I Par Modeste Schwartz

La peur d'être abandonnée est consubstantielle à la psyché féminine. Chez une espèce aussi peu instinctuelle que Sapiens, c'est l'un des rares sentiments qu'on peut raisonnablement attribuer à une sorte d'instinct. La jalousie (ressort psychologique incomparablement plus puissant chez les femmes) n'en est que l'une des conséquences.



Ergo : dans toute société ultérieure à la Révolution sexuelle - c'est-à-dire dans toute société ayant consacré le divorce comme une situation existentielle moralement acceptable (je ne parle, comme d'habitude, ni de la loi, ni de l’État : sujets qui ne m'intéressent plus), la perspective de la maternité doit être terrifiante pour toute femme. Enfanter, dans l'Occident Terminal, c'est une sorte de tentative de suicide qui peut réussir ou non. 
 
Avant l'émergence du transhumanisme (qui - rappelons-le - est la conséquence logique du féminisme), la société occidentale a persisté à exiger des femmes ce suicide social - tout en continuant à insister pour que l'éducation soit mixte, pour que les femmes s'intègrent au salariat etc... Exemple classique de double bind (injonction contradictoire). L'injonction contradictoire étant, par définition, une technique de torture.
 
Ce que je trouve terrifiant dans les réactions de la bonne conscience conservatrice au cas Lindsay Clancy, c'est la négation systématique de cette torture. 
 
Évidemment que les réactions féministes que dénonce cette bonne conscience de droite sont contradictoires jusqu'à la psychose, étant donné que (à l'exception de quelques extrémistes queer), elles défendent un principe d'irresponsabilité générale des détentrices de chromosomes XX, sans pour autant remettre en cause le dogme de la femme adulte, consciente, libre et forte - qui doit étudier sur les mêmes bancs que les garçons, pratiquer les mêmes professions, participer au dating avec les mêmes prérogatives de choix et de révision du choix, etc..
 
Les femmes sont ainsi redéfinies comme victimes éternelles - ce qui signifie que :
1. Il est interdit par tabou de remettre en cause leur victimitude, et
2. Il est aussi interdit de se demander de quoi elles sont les victimes. 
 
Simplement, la réaction conservatrice à cette psychose est aussi contradictoire que la psychose elle-même - étant donné que cette réaction pratique le transhumanisme de M. Jourdain : les droitardés1 réclament une révision de la nature féminine - sans pour autant s'accepter eux-mêmes comme transhumanistes. 

Ce qui constitue, bien évidemment, une conséquence de la théologie catholique, à travers son absurdité la plus centrale : le monstrueux concept de loi naturelle, servant à nier l'historicité des comportements induits par la révolution culturelle occidentale (c'est-à-dire la révolution de l'égo absolu). 

De 1 à 18 ans, la « loi naturelle » est censée pouvoir être suspendue, puisque le Progrès exige la mixité scolaire, le choix sexuel libre et toutes leurs conséquences. Et puis, du jour où un parchemin magique (« contrat de mariage ») a été signé, la « loi naturelle » reprend ses droits, exigeant du trans mental Lindsay qu'il évite d'étrangler ses trois enfants dans une attaque de panique. Et la cerise sur le gâteau, c'est la finalisation sécuritaire de cette branlette d'attardés mentaux : il faut « que l'État retire leurs enfants » aux pauvres paumées qui affichent #SameLindsay sur leurs RS.

Une fois sur deux, ces droitardés en proie au désir de pénal sont ceux-là même auxquels une administration de l'État occidental moderne (donc totalitaire) finira par effectivement retirer la garde de leurs enfants, pour refus d'injection "immunisante", pour « propos racistes » ou parce qu'ils ne les laissent pas consommer assez de télévision. 
 
Et ceux-là même, aussi, à qui on a pu vendre des croisades de conquête de l'Afghanistan, sous prétexte que l'inhumain Islam y empêche la scolarisation des fillettes : « plutôt bombardées que discriminées ! ».

Modeste Schwartz
Août 2026.

1 NDLR : « Droitardé » est un terme péjoratif formé de « droitard » et « attardé ». Il sert à désigner, de manière insultante, une personne de droite jugée caricaturale, simpliste, réactionnaire ou intellectuellement limitée. Le mot est surtout utilisé dans les polémiques politiques sur Internet. Il ne décrit pas une idéologie précise : c’est avant tout une étiquette disqualifiante, comparable à « gauchiste » ou dans l’autre camp. Son sens dépend donc beaucoup de celui qui l’emploie.

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