Attention au carnage économique qui menace dès le printemps : entrepreneurs, gagnons la lutte des castes menée par Bercy

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Bercy et ses énarques préparent un plan pour les entrepreneurs qui devraient probablement augmenter la fiscalité des revenus tirés de la petite entreprise. C'est une véritable lutte des castes qui est déclarée. Ensemble, gagnons-la, et retrouvons-nous régulièrement sur ce sujet dans les colonnes du Courrier des Stratèges.




Bruno Le Maire ne s'en vante pas trop, mais un carnage économique se profile dans les prochains mois, et même dans les prochaines semaines en France, qui devrait se traduire par un grand décrochage avec les autres pays industrialisés. Pour les entreprises françaises, la situation va devenir extrêmement complexe, et on voit mal comment elle pourrait s'améliorer sans les réformes structurelles que le gouvernement repousse. Les mois qui viennent devraient être marqués par trois maux majeurs : un creusement abyssal de la dette, une atonie économique et une pression fiscale orientée à la hausse.

Nous reproduisons ici les prévisions de croissance publiées le mois dernier par Rexecode, avant le confinement. Elles font apparaître un trompe-l’œil qui peut donner le sentiment que tout va bien… quand tout ne vas précisément pas bien du tout. 

Croissance en trompe l’oeil

Dans le reste du monde, le dynamisme de la croissance économique d’après COVID est en effet dans une logique à somme à peu près nulle : les destructions de valeur enregistrées en 2020 (de l’ordre de 4% du PIB mondial) devraient être effacées en 2021. La dynamique de croissance devraient ensuite ralentir pour tourner autour de 3% annuels. 

En France, la situation est beaucoup plus embarrassante. En 2020, le PIB a perdu 8 points (8,3 points, officiellement). Bercy avait anticipé, pour 2021, un regain de 8 points en septembre, qui est tombé à 6 points fin 2020, et que Bruno Le Maire annonçait à 5,8 points environ courant mars, c’est-à-dire avant le nouveau confinement. 

Voilà qui n’était pas très réjouissant, puisque, selon les prévisions officielles, la France ne devrait retrouver son niveau de PIB de 2019… qu’en 2023 au plus tôt, c’est-à-dire une bonne année après tout le monde. 

Mais cela, c’était avant le nouveau confinement. 

Ajoutons que, si l’on regarde les prévisions de Rexecode, on constate que la reprise en France était supposée être aussi vigoureuse que la reprise mondiale, mais avec un passif à effacer beaucoup plus lourd. Ensuite, l’économie française était supposée revenir vers une atonie proche de la stagnation. Bref, dans les prévisions encore optimistes du mois dernier, la France était destinée à plafonner à son PIB de 2019 pendant plusieurs années, pendant que le reste du monde reprenait le processus de création de richesses. 

Bruno Le Maire n’ose pas le dire, mais il craint le pire

Avec le nouveau confinement, la situation devrait se dégrader encore plus et prendre une dimension véritablement préoccupante. Le ministre de l’Economie a commencé à l’annoncer : la prévision pour 2021 à 5,8% de croissance ne pourra être tenue. C’est un contre-temps d’autant plus dommageable que, même sans confinement, la situation se présentait plus mal que prévu. 

On notera par exemple que le déficit budgétaire prend des proportions abyssales, et que les dépenses de l’Etat sont désormais incontrôlables. La situation mensuelle du budget de l’Etat au 28 février le montre clairement :


Comme on le voit, fin février 2020, le déficit de l’Etat était légèrement inférieur à 25 milliards. Un an plus tard, à la même date, il s’élève plus de 35 milliards…. Ce n’est évidemment pas exactement la même chose. 

Les chiffres sont pires quand on intègre les comptes des collectivités. En un an, le déficit est passé de 35 milliards fin février à plus de 47 milliards de date à date. C’est tout simplement cataclysmique. 

La reprise reviendra-t-elle un jour ?

Face à cette implosion des finances publiques alimentée par le « quoi qu’il en coûte » d’Emmanuel Macron, on comprend à quelle fuite en avant l’imminence des élections présidentielles condamne l’exécutif. 

Tout le problème qui préoccupe Macron et Le Maire tient à l’absence de reprise dans un contexte de très fort endettement public. Alors que la croissance mondiale « explose » un peu partout, notamment aux Etats-Unis (temporairement en tout cas) avec l’helicopter money de Biden, l’économie française reste désespérément en panne. 

Bruno Le Maire a commencé, sur ce point, à lancer ses premiers cris d’alarme. 

Parallèlement, Didier Picot évoquait hier le plan de relance qu’Emmanuel Macron concocte pour faciliter sa réélection. Il faut bien comprendre ce que signifie, en creux, tout ce ramdam : les caisses sont vides, des montagnes de dettes s’accumulent, et l’activité ne repart pas. Tout le monde, dans les allées du pouvoir, commence à flipper. 

Les entreprises seront les dindes de la farce

Alors que partout les signaux passent du cramoisi au violet, la tentation maduriste ne cesse de grandir. 

La semaine dernière, Jean-Luc Mélenchon a prôné l’instauration d’une taxe sur les profiteurs de crise. Elle vise à pénaliser les grandes entreprises qui n’ont pas perdu de chiffre d’affaires en 2020. Le ton est donné ! tous ceux qui auront eu le malheur de ne pas faire faillite seront punis de leur impudence ! 

Rappelons que Bruno Le Maire lui-même a estimé juste, la semaine dernière, de « flécher » l’impôt sur les sociétés vers le remboursement de la dette, compte tenu des aides que les entreprises avaient obtenues de l’Etat. Pendant ce temps, élections obligent, personne n’a le courage d’expliquer aux Français qu’il va falloir se serrer la ceinture, à commencer par les fonctionnaires dont la masse salariale a encore augmenté plus vite que l’inflation en 2020. 

Le problème qui se pose est bien connu : les entreprises ne votent pas, alors que les bénéficiaires des aides sociales et les fonctionnaires disposent chacun d’une voix. Le calcul est donc vite fait. Les entreprises devraient prendre un méchant coup de bambou fiscal dès 2022, notamment à travers un prélèvement confiscatoire sur les dividendes des SAS.

Le courrier des Stratèges

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