Brèves de confinement avec Modeste Schwartz !

Modeste nous fait partager ses états d'âme pendant le confinement ! Vous pouvez suivre Modeste Schwartz sur sa page Facebook.



Les souverainistes du Club Med (comprendre: avant tout les français - leurs cousins méridionaux étant moins portés sur la branlette idéologique) m'amusent profondément.
A l'heure actuelle, le seul moyen d'accélérer la nécessaire dissolution de la zone euro (l'euthanasie des monnaies non-viables étant effectivement une condition de la survie des peuples), ce serait de faire affaire avec ceux des Européens qui ont LE PLUS intérêt à cela - à savoir les souverainistes/monétaristes ALLEMANDS (qui voient bien que la sécession est désormais le seul moyen d'éviter de payer la tournée aux élites compradores du Club Med).
Oui mais voilà: dans l'univers enchanté du nationalisme, ces élites compradores (les Macron, Renzi, Sánchez de ce monde), qu'on appelle à guillotiner à l'interne, redeviennent "nos chers compatriotes", voire "nos frères", dès qu'il est question de "ces sales boches". ¨Parce que finalement, en 1914 comme en 2020, le mensonge fatal du nationalisme, c'est ça: l'idée aberrante selon laquelle un profiteur de guerre ou un parasite bancaire, perce qu'il parle la même langue que toi (issue de la même standardisation scolaire de la société), parce qu'il a le sens du foie gras et de l'accord mets/vins etc., serait plus respectable qu'un ouvrier qualifié allemand en retraite (dit "rentier", parce qu'il a, le salaud, la prétention de vouloir profiter dans ses vieux jours du fric qu'il a gagné en produisant d'excellentes voitures, que personne ne t'a obligé à acheter sur tes indemnités parlementaires du FN).
En 1914, les trompettes de l'endoctrinement parasitaire ont précipité l'Europe dans l'abîme en empêchant l'ordre des producteurs de s'imposer contre le putsch du commerce et de la banque (à l'époque engagés dans une "aventure" - comprendre: un pillage - colonial: voler les siens sous prétexte de voler les bougnoules).

En 2020, certains voudraient recommencer cette illustre connerie, alors qu'entre-temps nous sommes devenus la banlieue (certes encore chic, mais la banlieue) du monde. On leur souhaite bien du plaisir.

16 juillet 2020.

Certains youtubeurs oublient facilement qu'Internet n'obéit pas aux mêmes règles que la presse classique (devenue propriété privée de joint-ventures États/Bill Gates).
Un petit malin britannique spécialisé dans les ballades incongrues en monde post-soviétique (je m'abstiens volontairement de citer le nom de cet individu, dont je ne consommerai plus jamais les déjections), par exemple, a cru devoir jouer sa pute à clics en mettant en scène son "cauchemar covidien" (un genre déjà suranné, mais qui, à force de subventions, finit par sembler populaire): il a pris quelques antibiotiques et on lui a fait un peu d'oxygénation (cinquantenaire et sportif, il n'a même pas été intubé).
Résultat: 2-3 jours après upload, il est obligé de mettre sa vidéo hors ligne, à force de désabonnements et de commentaires indignés. Avec un peu de chance, cet aventurier peu scrupuleux vient de finir prématurément sa carrière de youtoubeur.

Un peu de justice immanente, de temps en temps, ça fait du bien.

13 juillet 2020.

ROMA DELENDA EST !
Spengler remarque qu’on manque singulièrement d’exemples d’une culture aussi obsédée par une autre culture que l’Occident par l’Antique, et qu’expliquer cette obsession serait la tâche du plus grand des « psychologues ». Lui-même s’y refusait, trop occupé à combattre le linéarisme historique (repris et) propagé par Hegel pour reconnaître que l’Occident, quoiqu’objectivement banal (une culture au sens spenglerien parmi d’autres) est subjectivement la culture qui refuse par définition d’être contenue en elle-même, et ne peut survivre que par la négation des distances spatiales et temporelles, donc par l’acculturation des autres cultures. Cet expansionnisme, bien plus que la pente naturelle d’un pourrissement impérial à la Spengler, est la conséquence inéluctable de son historicisme – que ce même Spengler avait pourtant bien reconnu.
Pourtant, toutes les cartes sont sur la table : l’obsession de l’Antique (et la réinterprétation frauduleuse comme « pure immanence » de ce qui n’était qu’une culture du présent perpétuel) est présente dès l’embryon, dès le moment (augustinien et scolastique) où l’Europe devient Occident – même si elle ne quitte que plus tard les scriptoria monastiques pour investir la cité et son art sous forme de « Renaissance » (de quoi ?). Et poser la question, c’est y répondre : l’immanentisme rêvé de l’Antique (singulièrement grec) est l’antiphrase qui permet à l’homme occidental naissant d’exprimer sa haine de la transcendance. Pour expliquer son culte de l’Antique, il faut donc d’abord comprendre sa détestation du transcendant. C’est-à-dire sa haine de l’Eglise. Ce « moyen-âge » fantomatique qu’il faut interposer entre Antique et Occident, c’est le christianisme, tel que le voient ceux des enfants de l’Eglise qui la détestent le plus cordialement.
Le germe de l’Occident, c’est donc – bien en amont du Grand Schisme – l’union contre-nature du prophétisme et de l’Empire. Jésus avait dit que son royaume n’était pas de ce monde. Constantin a fait de cette parole une religion d’empire. Imité en cela par les Omeyades. Qui, certes, n’ont, eux, pas créé pour autant la Modernité. Faute de villes. A partir de la chute du Bagdad abbasside, l’Islam n’a plus connu que la cité impériale, entretenue par l’impôt et défendue par les mercenaires (donc futurs assassins du calife toujours provisoire). Mais ce Bagdad du mutazilisme contenait bien tous les germes de l’infection plus tard connue sous le nom de Paris. Tout empereur a ses chroniqueurs chargés de falsifier l’histoire en sa faveur, et ses poètes de cour – des sous-espèces relativement inoffensives du genre « intellectuel » ; en civil, ce sont pour la plupart des pères de famille conservateurs, comme les aïeux de Ibn Khaldûn, et Ibn Khaldûn lui-même. Il faut un monachisme goliardisé, ce mai 68 millénaire de la Sorbonne, pour accoucher des idées qui feront plus tard les délices du journalisme.
Allons plus loin : cette coïncidence – la rencontre des clerc félons et des villes bourgeoises – en est-elle vraiment une ? Peut-être pas. Peut-être Spengler a-t-il, finalement, sous-estimé le bien-fondé de la généalogie subjective (antiquisante) de l’Occident. Constantin perpétue l’empire en le « christianisant ». Mais Paris continue aussi Rome : certes pas l’Antique de Rome (que l’Occident – Spengler a raison – n’a jamais compris), mais sa décadence épicurienne (si « moderne », nous disent les marxistes – et eux aussi ont, à leur manière, raison).
Or, si l’église du Christ n’a jamais survécu aux catacombes, si c’est le pourrissement de Rome que continue Paris, alors qu’est-ce vraiment que le « moyen-âge » ? – Un concept géoculturel, une dynamique dont les datations traduisent en réalité surtout une guerre des espaces : ce que l’Occident céréalier et légionnaire – en cela digne successeur de la Méditerranée antique, voire de l’Egypte – appelle moyen-âge, c’est la steppe des éleveurs nomades et des cavaliers sabreurs. C’est le monde des « barbares du Nord », dont les élites européennes, aussi loin qu’on remonte, sont issues, et qu’elles calomnient aussitôt installées dans leur malls à boulangeries. Vu de la steppe, Rome et Cartage, au fond, c’est la même histoire : celle de l’urbanité décadente. Et ce que Spengler appelle « l’Antique » – en concentrant son attention sur une période (le « moment » homérique) qui est justement celle de l’irruption des Blonds sur les rives des mers chaudes – c’est bien plus la Steppe que la Méditerranée. Bien entendu, l’Occident a choisi d’ignorer la Steppe dans l’Antique. Mais c’est le choix qu’Athènes et Rome avaient préalablement fait en traitant leurs cousins septentrionaux de « barbares ». Chacun avait donc raison dans sa propre logique. Le malentendu étant, comme d’habitude, fondateur.

Roma delenda est !

4 juillet 2020.

J'imagine la fascination avec laquelle on suit depuis le Congo l'épopée des black trans lives. Qui n'a évidemment rien à voir avec l'espèce de complicité raciale que fantasment les zids (la négritude est un produit culturel européen, tout comme la blanchitude, qui n'a jamais été le moteur historique de rien; même le panafricanisme - pourtant un peu moins crétin - demandez à Mouammar comment ça a marché, si vous le croisez). Plutôt quelques-chose comme le regard que nous portions (avant la généralisation du relativisme culturel obligatoire) sur les cérémonies d'exhumation périodiques des Papous.

Et forcément, ça incite un peu à la colonisation. Sapiens, quand il entend que "leur pays est très vert mais eux ne produisent rien, même pas de gosses, ils s'enculent un peu entre eux, mais de moins en moins, leurs femelles se jettent sur tous les hommes étrangers et eux applaudissent en raison de leur religion zarbi", il prend la mer... Le libéralisme est l'équivalent de ces cultes dégénérés qui ont amené les héritiers de l'empire mexicain, qui auraient encore pu lever des armées, à céder devant une poignée de conquistadors à demi-affamés. Et le libéralisme de droite (qui vous explique qu'il faut urgemment convertir les conquistadors à cette religion du "respect de la femme") est la faille immunitaire qui empêche l'organisme de se défendre.
Aujourd'hui #metoo, #blm demain. Vous n'en sortirez pas.

15 juin 2020.

Le coup de gueule covidocritique de BHL, c’est génial. Moins parce qu’il montrerait la génialité du personnage lui-même, un peu surfaite (quoiqu’il faille bien reconnaître à l’artiste un certain talent – d’endurance, notamment). Mais parce qu’il traduit le génie de l’époque, qui est l’époque où le libéralisme devient totalitaire. Et mange par conséquent ses propres enfants de la génération précédente : les thunbergiens vont envoyer au goulag les libéraux-libertaires – qui s’en étonnera ?
Lesquels libéraux-libertaires sont, par définition, des boomers mauvais perdants. Faut pas compter sur eux pour se laisser fusiller comme les S.A. en criant « Heil Hitler », ou pour accepter le goulag par discipline soviétique, comme les bolchéviques de la première heure purgés par Staline. 

BHL, qui depuis cinquante ans vit politiquement de la poursuite mystique d’un ennemi invisible (le « fascisme » – dont Pasolini reconnaissait déjà le caractère mythologique) s’étonne que la lutte contre un virus tout aussi invisible (même, et surtout, dans son impact démographique) finisse par justifier qu’on le boucle chez lui et qu’on parle de plus en plus fort de nationaliser les usines de ses copains pour contrer l’effondrement précipité par l’inutile confinement. Le scalpeur de révisionnistes atterrit dans le camp de la révision. Le chantage aux heures les plus sombres, la réhabilitation progressive de la censure, ça n’a pas mal marché du tout. Ça a TROP BIEN marché.

8 juin 2020.

Qu’est-ce que la négritude ? Contrairement à ce que pensent beaucoup de semi-doctes, la négritude n’a rien à voir avec la présence de mélanine dans les cellules de l’épiderme de qui que ce soit.

Comme l’ont doctement démontré ses théoriciens (enseignés dans les universités libérales), la négritude est le versant psychologique de l’esclavage dans les civilisations qui ont remplacé l’esclavage classique de l’Antiquité (un statut social admis comme tel) par des infériorisations naturalisées : en principe, on est esclave parce qu’on est nègre. En réalité, la négritude est une conséquence de l’esclavage non reconnu comme tel. C’est-à-dire du colonialisme moderne, qui est universaliste : nous sommes tous chrétiens (empire espagnol), ou « citoyens de l’UE », voire citoyens du monde et bénéficiaires des droits de l’homme (Empire occidental). Simplement, les uns plantent du coton, les autres fabriquent des pièces automobiles, d’autres encore les assemblent, et les Américains conduisent le résultat à crédit.
De qui la négritude est-elle aujourd’hui caractéristique ? Certainement pas des afro-américains, lumpen parasitaire de luxe, qui ont plutôt (via le Kulturkampf gauchiste) imposé leurs valeurs sous-culturelles au reste de la société américaine, après décrédibilisation (au demeurant bien méritée) de l’idéal WASP.
La négritude est, aujourd’hui, un trait culturel caractéristique des Européens : des habitants (surtout blancs) de l’Europe. La négritude est identification au Maître ; aussi bien payé qu’il soit, le nègre sera toujours esclave, toujours lumpen, jamais prolétaire : pas de conscience collective de soi, pas de conscience de classe.
A deux doigts de l’explosion de la zone euro, les Européens de l’ouest n’ont d’yeux que pour les convulsions morbides de la société américaine : de la société de leurs Maîtres – une société dont la destruction totale serait (indépendamment de la couleur, religion etc. des uns ou des autres) la meilleure affaire géopolitique qu’on puisse imaginer d’un point de vue européen. Mais aucun de ces euronègres n’est, bien sûr, assez « méchant », assez désobéissant, pour souhaiter la destruction de la Big House : ils préfèrent prendre parti, qui pour la touchante victime racisée, qui pour le sympathique assassin en uniforme (qui écrasera demain leur cou à eux, pour peu qu’il faille « restaurer la démocratie » dans leurs parages).

Sortant des années 1990, c’est-à-dire, localement, de l’épisode démographique le plus meurtrier de l’après-1945 – épisode très largement provoqué et exploité par l’Occident – les Européens de l’est n’ont d’yeux que pour l’Occident (Amérique du nord + Europe de l’Ouest). Ils y voient une société de vieillards peureux qu’on enferme autoritairement chez eux pour les protéger d’une grippe. Eux n’ont pas beaucoup de grands vieillards à offrir en sacrifice à l’idole Covid : ils sont morts, les pauvres, depuis longtemps, de pénibilité, de cancers mal soignés, d’alcoolisme (pendant que les plus malins émigraient à l’Ouest, et ne figurent donc plus dans la statistique locale). Que font les Européens de l’est ? En profitent-ils pour enfin prendre un peu d’avance économique sur leurs maîtres occidentaux paralysés par la peur ? Non. Ils ordonnent (en pure perte) leurs propres confinements. Commandent (à prix d’or et en pure perte) leurs propres grigris covidiens (masques, respirateurs…). Chiens fidèles, ils préfèrent mourir avec le Maître. Ça ne marche pas vraiment (mortalité inférieure de 90%), mais au moins, ils auront essayé. Et au moins, ils ont pu s’appauvrir. Revenir aux années 1990. Et puis, entre temps, ils regardent aussi, forcément, le feuilleton Floyd-Chauvin : après tout, ça parle des Maîtres de leurs Maîtres.

2 juin 2020.

Le structuralisme, qui est la pensée métaphysique de l’âge nihiliste, définit la poésie par son absence de fonction utilitaire. La danse, de même, est pour les modernes un « mouvement dénué de sens » – puisqu’ils ont réussi à réduire le sens à l’utilité économique (au sens le plus large du terme).
En réalité, comme le montre au demeurant très bien leur rôle dans l’acquisition des aptitudes verbales et motrices pendant la petite enfance, la poésie et la danse sont plus essentielles au mouvement et au langage que le footing et les bulletins météorologiques. Pour pouvoir affirmer le contraire, il faut d’abord avoir réduit la quête de l’humanité à la survie matérielle de l’individu : un but, pour le coup – à la différence de la poésie et de la danse –, réellement dénué de sens, et toujours irréalisable à long terme.
Des danses de la mort du XIVe siècle aux danses de guerre encore pratiquées dans les années 1990 sur les lieux des affrontements ethniques du Caucase, l’humanité, dans la proximité immédiate de la mort, a toujours plus dansé et récité que ratiociné et travaillé. Covid84 serait la première apocalypse non-dansante de l’histoire des hécatombes.

Mais ce n’est là, bien entendu, qu’une apparence : la mort que vous vend la dictature pseudo-sanitaire (mesurée – par ses propres instruments ( !) – aux niveaux habituels d’une mauvaise grippe) est aussi fausse que tout le reste de ce qu’on peut « vivre » devant un écran de télévision. Et les esclaves du confinement volontaire, les partageurs de #stayhome et autres possédés du dybbuk Covid, ne vivent pas dans la proximité de la mort. Ils ne savent même pas ce qu’est la mort. La mort ne concerne que les êtres habités d’une âme. Des zombies se racontent qu’ils ont peur de mourir, alors qu’ils sont morts (à l’humanité) depuis longtemps – puisqu’ils ne dansent plus.

« Le mensonger s’est menti à lui-même. »

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Pour l’honneur du Moyen-âge : Pendant cette crise, on a entendu divers critiques du confinement (y compris, hélas, le prof. Raoult, qui a toute mon estime) le décrire comme « moyenâgeux ».

C’est une grave injustice faite au Moyen-âge. D’abord appliquée à des caravelles, la quarantaine est née en Italie du nord : au même endroit que le capitalisme, le colonialisme, l’impérialisme – bref : la modernité. Confronté à ce genre de menaces, le Moyen-âge aurait prié – solution plus efficace que la magie noire de Neil Ferguson, ne serait-ce qu’en raison de l’effet placébo, qu’un confinement stressant et affaiblissant n’a évidemment pas.
En fait, le seul état de la société humaine auquel les formules de Ferguson auraient été applicables (quoique, du coup, de façon totalement inutile), c’est le paléolithique – âge mental par défaut de la pensée libérale, qui, étant anti-sociale, construit sa « nature humaine » en référence à cet avant de la société – cette dernière ayant, pour l’essentiel été créée par l’agriculture et l’élevage. En l’absence de toute spécialisation économique, l’intensité de la socialisation varie tout au plus en fonction de l’âge et du sexe. C’est cet état zoologique de l’humanité qui fascinait Rousseau et ses contemporains, et qui permet une application un tant soit peu fiable des équations statistiques basées sur le postulat absurde selon lequel, au sein de sociétés humaines différenciées, il serait possible « d’arrêter » un virus grippal (comme un malfrat, donc). Ce qui suppose l’absence de « commerce » au sens le plus étymologique de ce terme. Oui, l’humanité paléolithique, constituée de petits groupes autosuffisants et démographiquement souffreteux de chasseurs-cueilleurs se rencontrant assez rarement, avait, a priori peu de problèmes de viroses.

Est-ce à dire que nous sommes revenus au paléolithique ? Hélas non. Cas non seulement l’abolition du commerce nous tuerait tous en moins d’un an si quelqu’un était assez fou pour prolonger l’expérience à cause d’une grippe, mais, même pendant cette suspension meurtrière, nous avons conservé une forme de sociabilité – la plus toxique de toutes, celle, justement, qui a permis la propagation du virus mental de la panique : le lien médiatique. Covid84, c’est la société du spectacle, sans la société.

30 mai 2020

Régis Debray dit avoir cessé d’être un intellectuel. Il eût certes été surprenant que cette intelligence supérieure s’attarde indéfiniment aux altitudes spirituelles qui sont celles d’un Bernard-Henri Lévy, d’un Eric Zemmour ou, dans le meilleur des cas, d’un Alain Finkielkraut.

Cessant d’être un intellectuel, qu’est-il donc devenu ? Un érudit. L’érudit est un homme qui a lu plein de choses que tu n’as pas lues. La France, comme toutes les nations bavardes, en a toujours été friande (ça épice les dîners), et son entrée dans l’ère de l’analphabétisme fonctionnel et transversal de masse ne fait que booster la cote de cette denrée de prix, à la fois exquise et rare. L’intellectuel et l’érudit appartiennent tous deux à la société civile, qui est le joli nom que prend la bourgeoisie quand elle se mêle d’avoir des idées. Eternellement adolescent, l’intellectuel veut faire advenir le progrès. Il proteste. Il bourlingue. Il voudrait baiser. Il n’attend donc pas les 71 ans d’Alain Finkielkraut pour être disgracieux : il a la laideur naturelle de l’avidité et de la frustration. L’érudit, vieux dans l’âme (certains le sont dès leur enfance), est, au contraire, un bourgeois repu. Comme il ne croit plus au progrès, il dit qu’il n’y croit pas, et s’imagine que c’est la même chose (comme dans l’illusion de virginité des garces devenues bigotes).
L’érudit Régis Debray nous propose, donc, de lire Debord à la lumière de ce que Debord a lui-même lu (et cite) : Marx, Hegel. Et derrière Marx, bien sûr, Feuerbach. Tous ceux qui vivent ont des parents, et tous ceux qui écrivent ont d’abord lu. Bien évidemment, on construit de la sorte une histoire de la pensée à laquelle seul le concept de l’histoire fait défaut. Présocratiques du monde industriel, les érudits ressassent leurs cosmologies cycliques en pleine apocalypse : c’est une forme salonarde du chamanisme.

Or, pour comprendre historiquement Debord (c’est-à-dire : pour comprendre Debord au-delà de ce que Debord lui-même comprenait de Debord – car Debord est mort, et nous le comprenons toujours), pour comprendre tout penseur épochal, il faut l’interpréter sur l’horizon de ce que d’aucuns ont appelé l’« imaginaire », et d’autres, mieux inspirés, la grâce. En relisant Feuerbach, on retrouve ce que Debord n’a pas inventé. Il n’a pas davantage inventé la langue française, qu’il a, en revanche, écrite mieux que quiconque.

En assistant à l’hystérie covidienne planétaire, en revanche, on a enfin l’occasion – qu’aucun érudit ne saisira (ce n’est pas le rôle des érudits) – de lire La Société du spectacle sur son horizon prophétique propre. Succès planétaire reléguant à la préhistoire les Evangiles et la prophétie de Mohammed, le Covid-Show, chamanisme dévoyé des post-modernes, est la première vague d’innovation culturelle planétaire depuis le néolithique. La première, donc, à consacrer l’abolition consommée de ces civilisations si chères à l’érudit Debray. Dûment masquée pour une représentation de Nô planétaire, l’humanité, à la satisfaction posthume de Kojève, assume enfin au grand jour sa nipponisation définitive. Fini, le cinoche séoudien autour de la pierre noire. Kaput, l’infectieuse eucharistie du post-christianisme romain. Les virus sont le dernier invisible que cette humanité crépusculaire juge digne de foi.
Or le Covid-Show, lu à la lumière de l’érudition – lu, même, à la lumière d’un Debord qui ne serait que le rôt posthume d’un Marx lui-même roté par Feuerbach – est stricto sensu incompréhensible. Au grand désespoir des technicistes, aucune « innovation technologique » n’a présidé à sa mise en scène. Il a même plutôt été l’occasion de découvrir le honteux, le bordélique à-peu-près d’une bonne partie des gadgets approximatifs (tests, médicaments, vaccins) sur lesquels nous pensions pouvoir appuyer notre complexe de supériorité. Les personnages du drame sont d’une banalité à faire bâiller des auteurs de mystères médiévaux : la mort, le roi. On redécouvre qu’on meurt, à l’occasion d’une grippe – c’est-à-dire, justement, à force de ne pas mourir dans des proportions excédant la routine annuelle des viroses. On redécouvre l’état d’exception, fondateur de la souveraineté, au moment même où tous les Etats de l’univers (hors Biélorussie) mettent genou en terre devant un bobard infantile, et se soumettent, de New-York à Moscou, au rite néo-chamanique du confinement, censé « arrêter le virus » ( !).
Bien sûr, tout Talmud a sa cabale, toute église a ses sectes. En marge du Covid-Show, les amateurs de sensations se sont administré un peu de « conspiration chinoise », un peu de « virus mutant », un peu « d’arme biologique ». Il faut bien que jeunesse se passe. Mais, pour l’essentiel, le Covid-Show est un chapeau sans lapin : une succession objectivement soporifique d’images de vieux qui meurent et de « décisionnaires », plus ou moins masqués, mimant la « prise de décision » comme à n’importe quel sommet de l’UE. Nada del otro mundo. Une immanence de bulletin météorologique, que devrait, en principe, éclipser le plus minable des documentaires sur la guerre du Vietnam ou sur les narco-guérillas d’Amérique latine. Et ce bide dramaturgique absolu convainc le plus gros de l’humanité (tous ceux qui se permettent ce luxe exquis) de se plier au néo-rite du Ramadan covidien, à la retraite spirituelle obligatoire sur YouPorn et au port des symboles vestimentaires (masques, gants) de la nouvelle religion.
Quel peut bien être le secret ?

Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s'annonce comme une immense accumulation de spectacles. Tout ce qui était directement vécu s'est éloigné dans une représentation.Les images qui se sont détachées de chaque aspect de la vie fusionnent dans un cours commun, où l'unité de cette vie ne peut plus être rétablie. La réalité considérée partiellement se déploie dans sa propre unité générale en tant que pseudo-monde à part, objet de la seule contemplation. La spécialisation des images du monde se retrouve, accomplie, dans le monde de l'image autonomisé, où le mensonger s'est menti à lui-même. Le spectacle en général, comme inversion concrète de la vie, est le mouvement autonome du non-vivant. »

27 mai 2020.

Reconnaître qu’une grippe est une grippe, forcément, c’était plus facile pour les dissidents dans l’âme, pour les intrépides, les inconscients, les fous de Dieu habitués à proférer des vérités foudroyantes et stupéfiantes, comme « il n’existe que deux genres ».
A noter, d’ailleurs, que la plupart des foyers de religion covidienne sont aussi des endroits où une part significative de la population a préalablement souscrit à l’existence du 3e genre, à la punissabilité du « manspreading », etc. : Californie, New-York, Moscou, Paris, Budapest etc..
La covidolade est le coming-out planétaire des partisans du transhumain. Des gens qu’incommode en réalité depuis très longtemps la structure destinale (mi-bête, mi-ange) de l’animal humain, avec sa reproduction sexuée et son intelligence collective (aussi connu sous le nom de « culture » : généralement xénophobe, spéciste et homophobe).
Pour l’instant, ils se contentent, très modestement, de vous forcer à vous couvrir de latex les extrémités corporelles. Et, de temps en temps, à rester chez vous. Je vous laisse deviner jusqu’où ils iront si nous ne les arrêtons pas. Cette planète aurait probablement largement de quoi héberger 15 milliards de Sapiens Sapiens, mais elle est assurément trop petite pour deux espèces supérieures, qui plus est trop proches l’une de l’autre pour pouvoir s’ignorer.

Vous voulez « pratiquer l’humanisme » avec les transhumains ? Souvenez-vous de Néandertal.

13 mai 2020.

Pour définir l’énoncé le plus inacceptable, le tabou verbal absolu de notre (fin de) civilisation, il y a encore trois mois, je pense que la plupart des esprits critiques et lucides auraient parié sur une phrase faisant allusion à certains camps dont les ruines restaurées se trouvent sur le territoire de l’actuelle Pologne, ou à certaines forêts où des armées mal identifiées – mais assurément totalitaires – ont rendu à l’humus une partie de l’armée polonaise. Bref, tout le monde aurait lorgné vers la Pologne.
Eh ben non, finalement, y a rien à voir en Pologne.
Le gagnant des courses est l’énoncé : « Les vieux finissent par mourir. »
C’est cet énoncé dont l’ineffabilité empêche actuellement la plupart des gouvernements européens – alors même qu’ils ont maintenant compris depuis longtemps l’arnaque de Ferguson, et que tous n’étaient pas dès avant la crise aussi illégitimes que Macron l’était et le reste en France – de mettre fin à l’hypnose collective du confinement, des masques et des « gestes barrière ». Parce que la seule manière de s’en sortir logiquement, c’est désormais d’avouer que : « Les vieux finissent par mourir. »

En ce sens, ce sont effectivement les boomers qui nous emportent dans leur tombe bien méritée, puisque c’est leur génération (progressiste de la « droite de la droite » à la « gauche de la gauche ») qui porte la responsabilité de la solidification culturelle de ce tabou. La génération qui n’a jamais accepté de mourir. Qui à présent finit par crever quand même, de très mauvaise grâce, mais avec tout de même la satisfaction dernière de nous avoir préalablement tous transformés en zombies.

14 mai 2020.

Dans 10, 20 ou 50 ans, à supposer qu’il existe encore une science historique, la question se posera forcément : comment a-t-on réussi à former un consensus autour du projet de suicide collectif de l’Occident par confinement ?
Au niveau des masses, la réponse est assez simple : méthode de cuisson progressives des grenouilles. Tu les hypnotises avec de la propagande paniquarde, et tu leur donnes un peu de chômage partiel, puis éventuellement un peu de revenu universel (qui existait déjà de facto dans la plupart des ces unités de soins palliatifs nommées « États occidentaux », mais qui va maintenant enfin porter le nom qu’il mérite).
La question se complique au niveau des « élites ». Des gens qui savent lire et compter, et auraient donc, dès la mi-avril (ayant moi-même compris le fin mot de l’histoire début avril, vous voyez, je suis généreux…) pu tirer le frein d’urgence pour qu’on arrête les frais. Pourquoi ne l’ont-ils pas fait ?
Parce que des décennies d’illusion démocratique, tout en les privant de pratiquement tous les talents nécessaires à la survie individuelle et collective, en ont fait des experts dans la gestion du mensonge, appelée aussi « communication », ou « PR ».
Dès le début, chaque petit diplômé/confiné a vu midi à sa porte. Qui n’était certes pas sa porte, mais celle de Neil Ferguson, de Bill Gates etc.. Mais à force de vivre en AirBNB, on voit son midi à n’importe quelle porte. Vice y a vu l’avènement d’une société enfin délivrée de la lèpre familiale (sans remarquer que, dans le Tiers-Monde, la famine à venir allait bien au contraire constituer une prime évolutive pour tous les réflexes de base du tribalisme). Les gauchistes en tout genre y ont vu la fin du capitalisme (confondant un peu rapidement la Réserve Fédérale et la BCE avec un comité central : le comité, certes, existe, mais où est le parti ?). Alexandre Douguine (philosophe génial, mais finalement politologue un peu moins génial) y a vu la fin de la globalisation ; pendant qu’il la prédisait, les Roumains se ruaient dans les vols charters destinés à fournir des esclaves taillables et corvéables à l’Allemagne moins confinée que leur bantoustan natal, en dépit d’une mortalité Covid (pour cause de longévité de la race des saigneurs) bien supérieure ; et pendant que le défrichage de la Roumanie s’accélérait, à la faveur de routes enfin libres pour les chargements de grumes vers l’Autriche. Et, pendant qu’on construisait ces châteaux dans le déconfinement, personne ne prenait le temps d’écouter Raoult, ou de se demander pourquoi la pandémie reste démographiquement invisible. « Sauver des vies » !

La thèse de la « fin de la globalisation » est finalement la plus cocasse de toutes. La crise du confinement a en effet, bien au contraire, démontré qu’il n’existe pas de concurrence idéologique à l’Empire occidental dans ses marges orientales. Bien qu’affligés d’une longévité de 7 à 8 ans inférieure à celle des occidentaux, les Européens de l’est – qui auraient donc pu s’épargner le suicide collectif du confinement, face à un virus avide du sang de vieux qui chez eux sont morts depuis longtemps – ont au contraire (à la seule exception de la Biélorussie) produit une imitation simiesque de la frénésie occidentale, bouclant des populations entières par peur d’un virus qui, chez eux, a fait 1000 morts en tout dans les plus gros pays. Poutine, certes, est resté sceptique de bout en bout. Mais le maire de Moscou (théoriquement affilié au même parti, mais représentant en réalité l’esprit des « élites urbaines » russes) s’est rué dans le panneau comme un vulgaire Gauleiter de bantoustan otanesque. Comme quoi, il est grand temps d’organiser des Prides à Moscou : c’est ce que la population dûment masquée de ce cancer géographique, de toute évidence, mérite.

11 mai 2020.

Parmi les contemporains francophones, Houellebecq est très certainement mon romancier préféré (et j’emmerde les snobinards de salon parisien que ça dérange). Cela dit, ça n’en fait ni un philosophe, ni même un sociologue crédible. Dans le domaine politique, sa contribution oscille entre provocations à deux balles sur l’Islam (reniées au bout de quelques années) et platitudes suffisamment fades pour trouver place dans un volume à quatre mains avec… BHL.
Du coup, je me suis d’abord étonné de l’énorme diffusion qu’ont connu ses brèves réflexions Facebook sur le Covid19. Là encore, avant tout des platitudes. Mais le passage le plus significatif – et le plus faux – de ce texte est probablement celui qui explique, justement, le mieux son succès : sa petite chialante sur la discrimination des vieux. Une angoisse récurrente chez lui (comme chez la plupart des vieux riches sans famille, j’imagine).
Or, abstraction faite d’un certain nombre d’euthanasies commanditées par les camés de l’Elysée et de Matignon, en l’occurrence, le constat objectif, c’est bien que, tout au contraire, l’appareil décisionnel de l’Occident finissant a choisi de sacrifier ses adultes et ses jeunes à la conservation du quatrième et du troisième âge.
Bien entendu, c’est là une présentation des faits tout aussi caricaturale que celle de Houellebecq : on aurait pu se contenter, comme en Suède, de vivement conseiller aux personnes vulnérables (c’est-à-dire notamment le 4e âge – mais aussi à quelques malades chroniques plus jeunes) de faire bien gaffe et de rester chez eux, en laissant le reste de la société s’immuniser tranquille.
Mais dans le discours des #restezchezvous (ex #tousenterrasse), le problème se posait bien dans ces termes (truqués, mais en l’occurrence qu’importe) : « soumets-toi à la dictature sanitaire, où bien t’es un salaud qui veut la mort des vieux ». Mantra régurgité par ceux-là même qui, depuis des décennies, les parquent allègrement, ces chers vieux, dans des mouroirs infâmes. Quelque-chose ne colle pas.
Sociologiquement, c’est pourtant très simple : en Europe de l’Ouest, les vieux ont le fric. Et ces applaudisseurs en balcon sont leurs petits-enfants, inutiles tertiaires poissés dans la gig-economy, ubérisés dans leurs bullshit jobs, qui n’arrivent à boucler les fins de mois que grâce aux fameux « transferts intergénérationnels » (en bon français : aux chèques de papi et mamie). D’où cette structure mentale un peu baroque : les vieux (homophobes, racistes, antédiluviens électeurs de Fillon) nous font chier, leurs conseils nous donnent envie de glousser ou de gerber (en fonction de notre degré de gauchisme relatif), mais la perspective de leur extinction, régime des retraites oblige, nous terrifie.
Voilà aussi pourquoi tous ces Charlies ne se sont jamais mobilisés pour empêcher le saccage de la sécurité sociale, et plus généralement de l’Etat-providence hérité du CNR : parce que le véritable Etat-providence de la société post-travail, c’est le régime des retraites. Initialement conçu pour que les actifs puissent financer le repos des travailleurs qui ont déjà mérité de la patrie, et finalement converti en dispositif de soins palliatifs sociétaux pour la génération des paumés, aussi inaptes au travail qu’à la famille, qui attendent #nuitdebout le grand soir du revenu universel et/ou de l’euthanasie vaccinale (whichever comes first).
Houellebecq n’est peut-être pas un bien grand philosophe, mais il connaît bien son public : les sous-hommes qui se reconnaissent dans les larves humaines qui peuplent ses romans.

8 mai 2020.

Regardez le bon côté des choses : le Covid-Cirkus nous fait probablement l’économie d’une guerre nucléaire. A en juger par l’emballement du REPO fin 2019, le système financier occidental se serait de toute façon cassé la gueule courant 2020. Une situation que les nihilistes criminels qui gouvernent l’Occident, il y a encore vingt ans, auraient assainie au napalm. Le fait qu’ils n’aient encore lancé aucune agression suffit à démontrer que la Russie et la Chine (et, implicitement, leurs clients géopolitiques) ne sont plus attaquables militairement par des méthodes conventionnelles. Faute de pouvoir « ouvrir des marchés » en déstabilisant de grands États et en détruisant physiquement de la valeur, l’oligarchie occidentale n’a donc plus qu’une solution : se féodaliser à domicile, en transformant ses consommateurs (vous) en esclaves. Compte tenu de la culture des masses occidentales, c’est d’ailleurs le seul cas de figure dans lequel on puisse réellement envisager cette « démondialisation » dont vous parlent les naïfs : plus de droit de vote, un salaire moyen égal à celui de la Chine (rassurez-vous, il a augmenté), un mois de chomdu grand maximum avec obligation d’accepter la première offre d’emploi suivant licenciement, des services publics privatisés encore financièrement accessibles pour 10% de prétoriens, etc.. Et, à chaque tentation de grogne, un bon petit virus médiatique, avec leurs drones dans le ciel et la cunnicratie hypnotisée applaudissant hystériquement sur ses balcons. 

Lutter contre l’oligarchie ? Vous ? Vous qui ne savez même pas faire taire vos bonnes femmes quand la situation est grave ?

3 mai 2020.

Certains ont joué (voire surjoué) la surprise en constatant que l’une des premières réactions critiques face au confinement a été celle des féministes, terrorisées à l’idée que l’usine à avorter risquait de s’arrêter. 
Pourtant, l’idéologie « restez chez vous » et celle de l’avortement sont parfaitement superposables. Les sociétés de l’avortement sur demande vont disparaître à moyen terme ? Surdité induite. Les scientifiques ont démontré qu’il n’y a pas d’alternative viable à l’immunisation collective ? Rien à foutre. L’égo narcissique d’abord. Sauver des vies ! Le bilan du confinement risque d’être plus lourd que celui du virus ? Cela devient, certes, une évidence statistique. Mais comment leur demander d’en tenir compte, à ceux-là même qui arguaient de la mortalité des parturientes (pourtant considérablement réduite par les travaux d’un certain Semmelweis) pour défendre – via « mon corps m’appartient » – un acte qui, pour ses « bénéficiaires » même, reste très loin d’être bénin ou dénué de risques ? 
Le refus de la mort et celui de la naissance sont aussi solidaires que l’interdiction (récente) des enterrements et la ringardisation (durable) des baptêmes. La naissance et la mort sont des limites objectives de l’égo, qui n’est plus depuis longtemps l’objet d’une quelconque politique rationnelle de protection, mais d’un culte. Et l’officiant de ce culte est généralement une officiante : la tertiaire postmoderne, qui cajole sa stérilité choisie devant Netflix, ou « télétravaille » (comme elle n’a jamais rien produit, ça ne change pas grand-chose). 

Comme elle ne sait pas compter (même pas les chiffres pourtant fort peu suspects de conspirationnisme de l’OMS), elle réagit exclusivement à des stimuli iconico-émotionnels, qui l’envoient tantôt crier « Welcome migrants », tantôt voter Macron, tantôt applaudir hystériquement à son balcon les « héros » sanitaires qu’on tabassait encore récemment au milieu de son épaisse indifférence, et qui, pour la plupart, ne foutent en réalité plus rien depuis des semaines, du fait de la fermeture de toutes les activités de santé non-liées au culte Covid.

26 avril 2020.

Autre leçon importante d’une lecture behaviouriste du confinement : les femmes le supportent mieux que les hommes. Même les plus intelligentes, conscientes – à l’étage de l’intellect – d’être, comme leurs homologues masculins, victimes d’une mesure bien plus politico-policière que sanitaire.
Et notamment ces mêmes femmes qui vous répétaient avant jusqu’à plus soif le catéchisme de la femme active, qui doit absolument sortir de chez elle pour être plus qu’une poule pondeuse, pour se réaliser, pour être un humain à part entière, etc..
Évidemment, la « volonté d’indépendance » était déjà un pur mensonge avant le confinement. Alors même que la plupart des barrières de genre sont abolies depuis des décennies, voire des siècles (en fonction des domaines), en février 2020, même les sociétés les plus « avancées » comptaient « encore » énormément plus de femmes au foyer que d’hommes au foyer, et rien n’incite à penser que cette proportion aurait pu s’inverser avant l’extinction démographique prochaine des sociétés féministes.
Mais le féminisme – comme l’antiracisme, le LGBT etc. – est avant tout un discours. Par ces discours de rebellitude horizontalisante, la ploutocratie s’assure de l’occupation de l’espace cognitif. Pendant qu’on parle du "pay gap", on ne parle pas des bail-outs.
Surtout, cette contradiction politico-logique, d’un point de vue cognitif/évolutif, n’en est pas une. En répétant les mantras féministes « en temps de paix », les femmes cèdent à l’instinct grégaire - réflexe de soumission conformiste au discours dominant. Et si le discours dominant est devenu mortifère, ce n'est pas leur faute, étant donné qu'elles sont bien incapables d'en produire. Cet instinct domine leur psychologie sociale, pour diverses raisons, et notamment du fait que les hommes aiment en moyenne assez peu les originales. Or, rappelons au passage qu’en dehors de la minuscule bulle de confort décadent créée, dans une douzaine de gros pays et l’espace de quelques décennies, par le RSA et les allocations à la monoparentalité, pour s’assurer de chances acceptables de survie onto- et phylogénétique, une femme doit absolument être choisie par un homme (d’où, aussi, la coquetterie). Une fois l’expression de cet instinct neutralisé (notamment par la désocialisation : une fois l’open-space fermé, plus de machine à café, plus de copines féministes pour dire la prière de Sainte-Beauvoir, plus de collègues mâles à allumer…), l’instinct de nidification (encore plus profond, commun à la plupart des vertébrés) reprend le dessus. Et, en confinement, la présence continuelle du mâle – censé ne faire que de brèves apparitions festives, le temps d’approvisionner et de féconder – devient vite pesante. Pas de contradiction profonde non plus, donc, entre une bonne tolérance féminine au confinement et la multiplication des divorces en période de confinement.

Évidemment, cette machine à multiplier les divorces ne risque pas d’améliorer la natalité. Occasion de rappeler que les instincts n’analysent pas la réalité : ce sont des réflexes aveugles, assurant un comportement optimal uniquement dans un environnement, lui aussi, optimal. C’est-à-dire, dans le cas de la plupart des mammifères, dans le biotope auquel ils sont adaptés. Et, dans le cas de Sapiens Sapiens, animal culturel, dans son biotope culturel spécifique, où n’existe aucune de ces innovations transhumanistes récemment introduites par l’idéologie des droits de l’homme : ni avortement à la demande, ni divorce injustifié, ni RSA, ni subvention à la monoparentalité. Et encore moins, bien entendu, les discours d’accompagnement de ces innovations, portant sur « l’être humain », le « droit de choisir » ou « le corps qui m’appartient » ; mais de toute façon, on s’exagère grandement l’impact réel de ces discours sur les comportements individuels. Le féminisme infecte plus l’État que l’espèce. Ce pourquoi il est pratiquement inoffensif dans les sociétés sans État (par exemple en Afrique).

18 avril 2020.

La beauté ironique de la situation, c’est que la mise en œuvre de la dictature covidienne n’est pas si efficace EN DÉPIT de la relative inoffensivité du virus, mais DU FAIT DE sa relative inoffensivité (pour le plus gros de la population active). Vous imaginez les pandores (souvent même pas masqués) aller vous fliquer au-devant d’une Ebola, pour l’amour de la Ripoublique, du Poudré et de Marlène ? Le Chemin des Dames, c’était d’autres générations…
A l’heure actuelle, ces aimables fonctionnaires qui ont droit aux applaudissements des Charlie parce qu’ils vous taxent héroïquement pour avoir voulu aller au chevet d’un parent mourant, ont en réalité très bien compris qu’ils ne risquent absolument rien (à la différence d’une partie du personnel de santé, effectivement exposé à un risque de surinfection à force de rencontrer le virus 20 fois par jour dans ces mouroirs esthétiquement baptisés « soins intensifs »). Entre un prunage sans masque et une perkif en téci, le choix est vite fait.
Si Macron survit politiquement au déconfinement, pour le reste du XXIe siècle, nous serons les nouveaux roumains de luxe du continent. Du coup, le FREXIT, vaudra mieux arrêter d’y rêver. La souveraineté, c’est trop bon pour les sous-hommes.

17 avril 2020.

Prisonniers du mauvais infini du possible technologique, les modernes (et leurs bâtards postmodernes) ont perdu l’usage du principe de récurrence – pourtant largement reconnu comme un ressort essentiel de la pensée linguistique, et donc de la pensée humaine en général.
Ils se gargarisent de Darwin quand cette référence semble ajouter un argument d’autorité à leur haine rabique du religieux, mais en réalité, ils ne comprennent pas non plus Darwin. 
La principale raison « pour laquelle » il n’existera jamais d’autonomie sociale des femmes, c’est qu’il n’en a jamais existé jusqu’ici. 
La principale raison « pour laquelle » aucun virus ne peut exterminer l’humanité (ni même vraiment, pour l’instant, ralentir sa croissance démographique), c’est qu’aucun virus n’y est parvenu jusqu’ici.
(Dans de telles affirmations, le rapport de causalité est bien entendu un pur effet de perspective, comme le passage du temps lui-même, au demeurant.)
Autre façon de le dire : si un virus pouvait être aussi dangereux que la peste noire (qui n’en était pas un…), cela aurait déjà eu lieu. 
Les diverses propriétés des virus (R, virulence, temps d’incubation) sont des vases communicants évolutifs, de telle sorte que seuls les virus médiocres ont des chances de large propagation. L’omniprésence du Covid-19 est le signe le plus sûr de sa relative inoffensivité. 

Remarquons au passage qu’on attend toujours la moindre preuve scientifique d’une évolution biologique récente des virus qui soit minimalement comparable au bond technologique menant du chameau à l’avion.

15 avril 2020.

La religion, ça n’a rien à voir avec l’existence ou inexistence (dans tel ou tel univers situable) d’un ou de plusieurs dieux. La religion, du point de vue du dicible scientifique, c’est un fait anthropologique. Sapiens Sapiens enterre ses morts et ne copule pas avec sa progéniture directe ou indirecte. Il le faisait longtemps avant la consignation du tout premier dogme attesté. Les archéologues le savent mieux que les curés.
Ou plutôt, il les enterrait. Quand il en avait encore le droit.
Le Covid est, comme la contraception chimique ou l’avortement de masse, l’occasion d’un saut qualitatif dans la déshumanisation de l’homme.

Vous tolérez la « quarantaine » et vous vous croyez « catholique », voire « chrétien », ou « musulman » ? Mais vous n’avez même pas la fibre religieuse du plus paumé des animistes de la forêt équatoriale. Rangez vos grimoires dogmatiques, éteignez le Vatican-show. You Porn Premium, désormais en accès libre, vous propose un simulacre incomparablement moins mensonger.

14 avril 2020.

Le virus mute peut-être vite (comme toutes les grippes, au demeurant), mais sûrement pas aussi vite que les Charlie, qui sont, en une seule nuit, passés de « tous en terrasse » à « restez chez vous ».
Mais surtout à « sauver des vies ». Or « sauver des vies », c’est le culte de la mort. Quand on sauve DES vies, on sauve des individus – qui mourraient de toute façon tôt ou tard, car tel est leur destin. Sauver LA vie, ça, oui, ç’aurait été un programme. Incluant le refus de l’avortement, du féminisme, du « marché libre », du sans-frontiérisme et du capitalisme monopolistique (pas seulement de Big Pharma, qui n’en est que la pointe émergée dans votre cul).
Autant vous dire que c’est pas le programme qui fera recette, y compris chez ces fameux Gilets Jaunes dont tout le monde attend maintenant le déconfinement virulent. Ah ça, oui, ils vont en faire, des tweets indignés. Et peut-être un peu voter Mélenchon (parce que Marine, bon, apparemment c’est comme l’UE : date de péremption atteinte). Si on leur ouvre les Champs, les plus courageux iront même se faire énucléer, comme avant, en pure perte.
Et les youtubeurs souverainistes de pointe se féliciteront à nouveau de l’abondance des « mères célibataires » en manif. Comptez sur les mères célibataires pour faire votre révolution, et je vous garantis qu’elle sera soigneusement télévisée.

Comme par hasard, les dernières populations fécondes (fécondes en familles « biparentales ») d’Europe (tziganes en Europe de l’Est, et marges « racisées » à l’Ouest) sont pas très « restez chez vous ». Et effectivement : pourquoi voudrait-on sauver DES vies, quand on a LA vie ? Pas comme le catholicisme Manif-pour-tous-LREM, qui préfère désormais communier symboliquement, dans son salon-cercueil de confinement malthusien. Ça valait bien la peine de se la jouer DAECH à la Saint-Barthélemy.

12 avril 2020.

Oui, moi aussi, je pense que « vous allez vaincre le Covid-19 ».
Parce que, à défaut d’États, de systèmes de santé, de stocks de masques et de chloroquine, vous avez tant d’années d’entraînement dans la désocialisation, dans le quant-à-soi, dans la zone de confort, à se pogner sur YouPorn et à partager des memes conformistes en guise de participation à l’agora.
Vous survivrez comme vous l’avez fait jusqu’à présent : faute de raisons de vivre.

Vous vaincrez, parce que vous êtes les plus morts.

11 avril 2020.

Je me souviens de ces temps lointains des premiers jours du confinement. Dans divers pays arriérés dont je comprends la langue de ploucs, divers humoristes plutôt portés sur le registre troupier avaient multiplié les blagues bien grasses sur cette quarantaine qui allait booster la natalité, présupposant hâtivement une harmonie préétablie entre l’ennui de la ménagère et le repos du guerrier.

Dès les toutes premières semaines de confinement, les faits ont apporté leur démenti cinglant : multiplication des cas de divorce. La quarantaine ne s’annonce pas très sexe. La ménagère ne s’ennuie pas du tout – à part de toi, éventuellement. Elle est très occupée à compter les morts filmés au plus près du linceul, à s’horrifier sur les cas bien juteux dont les médias nous aspergent en boucle et à se pâmer quotidiennement et obligatoirement sur l’héroïsme des personnels de santé. Enième interruption du rêve de la personnalité individuelle : on pensait avoir épousé machine ou trucmuche. On se réveille douloureusement avec, dans les bras, un haut-parleur de la Propagandastaffel.
De toute éternité, les femmes constituent, culturellement, le ventre mou de tout groupe humain. Une fois les remparts tombés, elles se convertissent à toute nouvelle secte dominante avec une vitesse qui aura toujours le don de stupéfier les hommes.

La retraite Covid-monastique est le couronnement d’une hagiographie féministe, la conclusion logique du Bildungsroman anti-patriarcal. La néo-femme trouve profondément anormal qu’on puisse naître ou mourir. Stérilité et immortalité sont les vertus cardinales du nirvana psychotique où doit la conduire le progrès. La condition humaine, telle que nous la connaissons dans le monde physiquement existant, elle est franchement contre. D'ailleurs, ladite condition serait injuste à son égard: écarts de salaire, saignements menstruels… – en tout cas, il est bien établi qu’elle lui rend sa haine au centuple.Alors s’imaginer qu’elle va collaborer à l’ignominie de la reproduction, au moment même où le chœur enfin unifié des anges médiatiques lui chante heure après heure l’intolérable réalité du trépas – non mais, autant s’imaginer qu’on va annuler les avortements sous prétexte d’engorgement des urgences. Pendant l’hécatombe, la boucherie continue ! Tout ça de gagné sur le Covid ! Curetez-moi ces futurs tubards ! Et, en tout état de cause : la surpopulation planétaire ne passera pas par elle. Entre l’autorité ternie de son mari encagé et la bonne nouvelle omniprésente de Bill Gates, elle a déjà choisi, la petite chérie.

8 Avril 2020.

A défaut d'avoir réussi à empêcher les vieux de mourir, on aura au moins empêché les jeunes de vivre.Quelques immolations publiques de trentenaires (au flashball?), sous les applaudissements virtuels des boomers confinés, fourniraient son clou à ce spectacle de fin de civilisation digne du crépuscule inca. 

7 Avril 2020.

A ma connaissance, personne ne verse de copyright à Sumer pour l’invention de l’agriculture (sans laquelle celle de la machine à vapeur aurait été sérieusement compromise). A vrai dire, dans la mesure où l’héritage de Sumer, c’est territorialement l’Irak moderne, les seules royalties versées l’ont été sous forme d’uranium appauvri. Sur leur gueule, oui. Pire encore : la révolution néolithique chinoise a été encore plus précoce. Imaginez ce cafouillage si jamais on découvre un idéogramme Huawei dans une fouille en Mésopotamie…

Le copyright joue le même rôle dans la propagande du bellicisme américain actuel que le Lebensraum dans celle du IIIe Reich (cette petite parenthèse américaine ouverte dans l’Europe du XXe siècle). Fondamentalement, c’est la même idée : les « créatifs » ont le droit de vivre, et les divers indigènes, celui de crever, ou de servir d’esclaves. Manque de bol, l’Allemagne si créatrice ne verse pas non plus de royalties à l’Italie du Nord qui, au cours de la Renaissance, a inventé le plus gros de tout ce qui a permis l’essor industriel prussien.

Cette idéologie ne fait que reformuler en termes géopolitiques le mensonge de base du capitalisme : les pauvres seraient pauvres, non faute d’accès au capital, mais du fait de leur bêtise congénitale. Et toute tentative de se soustraire au racket des « créatifs » sera sévèrement punie. Autour des corons comme en mer de Chine (curieuse dénomination, d’ailleurs : pourquoi pas « mer de Californie » ?).

Le principal risque planétaire, aujourd’hui, ce n’est pas je ne sais quelle grippe saisonnière, ni même le salto arrière économique vers lequel nous précipite, sous prétexte de grippe, une élite incompétente et corrompue. C’est la nouvelle opération Barbarossa que pourraient en profiter pour lancer les dégénérés peuplant les diverses îles insalubres situées à l’Ouest de la Bretagne.

Amis de la future LVF 2.0 : que la terre vous soit légère !

6 avril 2020.

Grâce aux réseaux sociaux, on n’a plus besoin de (horresco referens) sortir de chez soi pour constater que le sexe des commentateurs prédétermine lourdement le ton des réactions publiques à la crise en cours – et notamment aux menues entorses qu’un pouvoir illégitime en profite pour infliger aux libertés publiques.

Que ce soit quand il s’agit de voter Macron, face à l’occupation migratoire ou en cas de dictature pseudo-sanitaire (pour ne rien dire du totalitarisme LGBT, dont elles sont généralement l’allié dans la place), les femmes penchent systématiquement vers la collaboration.
Il existe pour cela des raisons profondes – que d’aucuns diront métaphysiques, d’autres évolutives – à mon avis, ça revient au même en l’occurrence. Toute situation de crise – donc, potentiellement, de violence – ramène les femmes à la vérité (systématiquement niée depuis des lustres par le féminisme) de leur statut anthropologique de facto de marchandises volables.
D’autre part, comme le rappellent les auteurs de TIQQUN : «Quand la Jeune-Fille parle de communauté, c’est toujours en dernier ressort à celle de l’espèce, voire du vivant tout entier, qu’elle pense. Jamais à une communauté déterminée : elle en serait nécessairement exclue.»

L’alerte présente, comme toutes les autres, est donc un bon moment pour se souvenir d’un des nombreux principes vitaux, anthropologiquement omniprésents dans les cultures effectivement documentées, que nous nous efforçons d’oublier depuis au moins cinquante ans : en cas de crise, laisser les femmes (surtout jeunes) à la maison, et tenir conseil entre hommes. Toutes les cultures qui ont duré le savaient.

5 avril 2020.

Dans toutes ces délicieuses « start-up nations » incapables d’entretenir un stock de masques, on est puissamment invité à faire comme si les hôpitaux surchargés étaient une nouveauté incroyable. Or n’importe quel infirmière (mais pas n’importe quel journaliste…) vous détrompera vite fait là-dessus… Tout comme les morgues improvisées, qu’on pourrait, comme maintenant, filmer avec gourmandise à chaque petite canicule dans les nombreux paradis du Dieu Marché, à commencer par le « land of the free ».
Vous croyez sincèrement que dans le bordel à migrants de Grande Berlusconie, en temps normal, il fait bon être hospitalisé ? Pour l’instant, la mortalité italienne 2020 ne dépasse pas significativement celle des années précédentes. Selon certaines sources, les décès attribuables exclusivement au Covid représenteraient 12% du chiffre total. En Hongrie, jusqu’à présent, de source officielle, 0%.
Alors oui, sur un effectif suffisamment vaste, la loi des grands nombres veut que tôt ou tard il y aura un décès de jeune athlète parfaitement saine de 25 ans. Ensuite, suffit de braquer sur cette bizarrerie une loupe médiatique suffisamment grosse. Ce sont les mêmes qui vous font – suivant les mêmes méthodes – régulièrement passer pour un peuple de violeurs, parce dans tel département, avant-hier, telle jeune femme etc..

Votre jobardise est sans limites.

1er Avril 2020.

Observation toute empirique: les règles de quarantaine (et plus encore, le style de leur application) sont moins corrélées à l'impact local de l'épidémie qu'au degré de légitimité du pouvoir en place. En gros, les règles draconiennes et les applications ultra-répressives sont caractéristiques des pays où le pouvoir considère la population comme une force ennemie (et réciproquement).
Par exemple : pays par ailleurs comparables en taille et richesse, la Hongrie et la Roumanie sont grossièrement dans la même classe d'impact (en termes de date d'apparition, de pourcentages d'infectés, de mortalité/population etc.) - même si le problème, en dépit d'un probable sous-dépistage, a l'air plus grave en Roumanie (la primo-infection à cause des retours de Gastarbeiter d'Italie, et la diffusion ultérieure, faute de discipline).
En Hongrie (le gouvernement européen disposant de l'assise électorale la plus large): à part pour la fréquentation des magasins (les vieux le matin, les plus jeunes après 12h), on sort en gros comme on veut, faible visibilité des forces de police, pas de militaires impliqués hors zones frontières.
En Roumanie (bantoustan sous administration US quasi-directe, avec élections truquées et apolitisme de masse): quarantaine stricte, omniprésence des forces de police (souvent sans masque...), armée dans la rue, recrutement à la hâte de 20 mille "auxiliaires de police" dans les bas-fonds de la société (en principe sans port d'arme létale - de toute évidence destinés à matraquer des émeutes imminentes).

De ce point de vue, la France (administrée depuis 20 ans par ses Young Leaders), prévisiblement, ressemble plus à la Roumanie qu'à la Hongrie.

2 avril 2020.

Entre vingt et trente millions de citoyens soviétiques sont morts dans la Grande Guerre Patriotique (connue chez nous sous le nom tendancieux de « Seconde Guerre mondiale », afin d’entretenir l’illusion qu’on y a aussi participé). La plupart sont morts involontairement, de faim, de froid, de maladies, assassinés par surprise, voire par erreur, par l’occupant ou par les leurs, ou massacrés comme chair à canon sous la menace de commissaires politiques confondant résistance et suicide. Mais beaucoup aussi – sûrement plus, en proportion, que les victimes du fameux virus actuel – volontairement, dans le maquis, et au front, du fait d’actes de bravoure. Ceux-là sont morts au nom de la Russie, que certains identifiaient de bon gré à l’URSS, d’autres de moins bon gré, mais la présence d’un occupant génocidaire a vite mis tout le monde d’accord.
En dépit d’un marketing tout à fait proactif, la Wehrmacht, la SS et les Einsatzgruppen, apparemment, n’ont pas réussi à les convaincre de « rester chez eux » (même pas, éventuellement, en chantant otchi tchorni le soir sur la véranda de leur izba). Pourtant, rappelons-le : en sortant, même les moins de 60 ans s’exposaient alors à un risque un peu plus élevé que 1.4%. Et 100% des intubés y passaient.
Mais qui a envie de mourir pour l’UE ? Pour l’OTAN ? Pour le calibrage des courgettes ? Pour les bars non-fumeurs, les fermetures d’usines et les réouvertures de centrales à houille ? Pour Guy Verhofstadt ? Pour les billets décorés d’aqueducs inexistants ? Pour les subventions à la Pride ?
Et plus largement : dans notre collaboration passive de masse avec le sabotage économique en cours sous le nom de « quarantaine » (alors qu’on sait très bien que le traitement existe, et qu’il suffirait de mettre fin au désordre ploutocratique pour le généraliser en deux semaines), comment ne pas reconnaître une désertion tacitement programmée ? Oh, quel dommage, la merveilleuse économie de l’argent-dette et de la consommation statutaire s’effondre ! Oh merde, plus le droit de prendre nos transports en communauté inclusive manspreading-frei ! Et toutes ces discothèques du vivre-ensemble féministe, fermées sine die ? Ah, dur. S’en relèvera-t-on ? Bien sûr que non – puisqu’on rampait déjà AVANT.
Il faut quelle dose de morphine, exactement, pour ne pas reconnaître le désir de mort qui se « cache » (façon cul de call-girl dans un string) derrière l’hystérie collective Covid-19 ?

L'Occident est en soins palliatifs depuis longtemps. Sinon, il exigerait sa chloroquine, manu militari. Les paysans biélorusses n’ont pas signé de pétitions pour le retrait des troupes allemandes. Mais l’Occident, en fait, il a surtout besoin qu'on lui tienne la main. Manque de bol, même ça, en quarantaine, c’est pas si facile. Le suivi psychologique par téléphone et la communion Skype sauront-t-il le calmer jusqu’au bout ? Suspense.

1er avril 2020.

Les chiffres sont publics. N’importe qui peut vérifier à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Même en calculant la mortalité en fonction des chiffres officiels d’infection (donc de dépistage – donc dramatiquement sous-évalués partout dans le monde – quoique pas partout au même degré), sous 60 ans, on tombe sous les 1,5%. Corrigez ce chiffre d’un quotient de sous-dépistage, et vous obtenez une mortalité à peine pire que celle de la grippe ordinaire. Le confinement n’est donc justifié que pour les plus de 60 ans, pour la plupart retraités (et lui, en revanche, devrait être beaucoup plus rigoureux, surtout pour ceux atteints de pathologies chroniques aggravantes – avec approvisionnement par des tiers, et déni de soin en cas d’exposition volontaire à l’infection).
Se servir d’un prétexte pareil pour paralyser des pays entiers (et non simplement une zone de quarantaine, comme en Chine…), c’est du sabotage économique qualifié. A ce compte-là, on peut aussi suspendre sine die la circulation automobile (entre la mortalité routière et l’impact sur les pathologies respiratoires, c’est probablement aussi dangereux que le Covid-19 – et l’impact économique serait probablement moindre). Ou refaire une interdiction des boissons alcooliques, comme les ligues de vertu féminines des années 1920 aux USA (on connaît le résultat – gageons que, pour le siècle à venir, le mot « quarantaine » sera assorti des mêmes connotations que celui de « prohibition »).

Évidemment, ceux qui mettent en œuvre ce sabotage savent très bien qu’ils coupent le respirateur d’un organisme (connu sous le nom d’« économie occidentale ») déjà mort depuis longtemps, maintenu en survie factice depuis des années par transfusion du sang des périphéries en développement, via l’arnaque monétaire et l’argent-dette. Eux connaissent les vrais chiffres de production (derrière l’écran de fumée toxique du « PIB ») ; et les vrais chiffres de l’inflation (en retranchant le prix de quelques gadgets inutiles et importés, et en ajoutant ton loyer) ; et les vrais chiffres du chômage (après élimination des maquillages statistiques et soustraction des bullshit jobs) d’AVANT LA « CRISE ». Et leur seppuku collectif obligatoire est donc probablement accompagné d’un vague espoir de réussir à mettre cinquante ans de gabegie sur le dos d’un petit virus. Compte tenu de l’analphabétisme économico-financier des citoyens (notamment dans les pays latins), à la rigueur, ça peut passer.

31 mars 2020.

Et voilà. Ils ont fini par y arriver.
Eux, ils s’entraînent depuis longtemps. Depuis minimum trente ans. Ils sortent couverts. Ils positivent. Ils se font livrer. Et enculer. Mais couverts. Comme leurs gouvernants. Tout le monde se couvre. J’ai trente centimètres de gouape dans le colon, mais c’est pas moi. Responsable, pas coupable ! Marche des salopes = communion des saints. Eux, les immunodéficients longtemps avant le troisième âge. Les pré-intubés. Pour la distanciation, pour l’autisme obligatoire, pour la trottinette en chambre, ils étaient prêts depuis des mois, des années. L’armée des ombres. Ah, en fait, une guerre mondiale a eu lieu. Et comme d'habitude, tu viens de la perdre. Maintenant, range ton bunker, mon vieux ! Compte tes rouleaux de PQ ! Et caresse de la langue ta capsule de chloroquine.
Évidemment, on aurait dû les prendre plus au sérieux. Pas tellement ironiser et changer de sujet quand ils revenaient avec insistance nous transmettre le crédo de la secte : « Faites pas de gosses, leurs pets indisposent Gaïa, amen ! ». « Branlez-vous sur YouPorn, c’est plus citoyen, alléluia ! ». Les cours de branlette en maternelle, aussi, ça aurait dû nous mettre la puce à l’oreille. Avec les moindres notions de méthodologie, on se rend vite compte qu’ils risquaient pas, ces philanthropes, d’en rester ad æternam à l’incitatif… Albi, vous voyez où c’est ?
Et voilà, leur jour est venu.
Le prétexte en acier trempé, dans une civilisation de fiottes qui reprend du Xanax à chaque fois qu’on prononce le mot « mort ». Sauver des vies ! Les sauver de quoi ? Et en vue de quoi ? – Qu’importe ! Fasciste ! Plus jamais ça ! Heures les plus sombres ! Censure immédiate ! Sauver des viiiiiies ! Élections, vaccins, annulations d’élections, report de vaccins, sans les masques, avec les masques, sans chloroquine, avec chloroquine, c’est magique ! interdiction de tous les cultes non-médicaux ! Le but de l’existence, c’est de bouffer les raviolis qu’on a emmagasinés ! Et d’avoir assez de PQ quand on les chie ! La communion, c’est sur Internet ! Kanietz transcendance ! Tu digères, tu votes et tu la fermes !
Maintenant YouPorn Premium est accessible gratuitement. D’ailleurs, c’est le dernier truc accessible de la planète, même pour du fric. Même leurs migrants chéris se retrouvent en rade. Sex with cyborgs is vaccine-scented !

Et voilà, le vertige d’immortalité de cette génération de puceaux fiottisés a finalement pris force de loi. Tu comprends, maintenant, le concept d’hégémonie ? Maintenant, tu peux toujours ricaner d’un air supérieur, quand ils t’expliquent, les genrés, qu’ils appartiennent au 34e sexe oblique transitoire. Essaie, toi, maintenant, d’aller draguer une meuf en sortie de bar-tabac : tu prends une bastos. Que va te loger un autre post-hétéro au sourire jadis supérieur. Parce qu’il applique les consignes. Comme toi. Comme toute cette putain d’humanité résiduelle qui n’a pas été capable d’identifier le germe létal – et non, là, pour le coup, je parle pas, surtout pas, absolument pas, du fameux Covid-19…

30 mars 2020.

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