Quelques jours dans le Donbass (septembre 2025) I Reportage par Lucien Cerise

En 2023, l’agence de presse fédérale russe Vashi Novosti (Ваши Новости, Vos nouvelles) lançait le projet « Journalistes étrangers en Russie » (Иностранные журналисты за Россию). Soutenue par plusieurs parrains et sponsors, dont l’écrivain et lieutenant-colonel de la Garde nationale russe Zakhar Prilepin et le vice-président de la Douma d’État Alexandre Babakov, cette initiative vise à offrir un autre point de vue que celui des médias de masse occidentaux sur la Russie et le conflit ukrainien. Elle prend donc la forme de tournées de presse (Press Tours), voyages organisés pour des observateurs internationaux, journalistes mais aussi politiciens, blogueurs, écrivains, en Fédération de Russie, et en particulier dans des lieux difficilement accessibles comme la région du Donbass, épicentre de l’agression de l’OTAN dans cette partie du globe. Plusieurs Français ont été invités, notamment Christian Bouchet. Une organisatrice m’apprenait que j’avais été recommandé par Jackson Hinkle, influenceur américain, trumpiste de gauche. Je devais initialement participer au huitième voyage en compagnie d’Alain Soral et Franck Pengam, mais un problème de visa à la dernière minute m’en a empêché. La deuxième chance en septembre 2025 était la bonne, ce qui me permettait de recruter deux autres francophones, Alexandre Penasse et Claude Janvier, plus doués que moi pour faire des vidéos. L’équipe de ce neuvième voyage de presse était composée en outre de nos accompagnateurs russes et d’une délégation internationale émanant de cinq pays : USA, Brésil, Turquie, République Tchèque et Slovaquie.
 
Mardi 9 septembre
Je pars de chez moi vers 15h pour rejoindre l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle. Décollage à 19h50 de Paris. Toutes les liaisons directes entre Paris et Moscou ont été annulées depuis plusieurs années sur décision unilatérale de Paris. Il y a donc une correspondance obligatoire, généralement via Istanbul. Mais pas cette fois.
 
Mercredi 10 septembre
Arrivée à Tachkent, capitale de l’Ouzbékistan, à 5h35 du matin. Je redécolle à 9h05 et j’atterris à Moscou, aéroport Domodedovo, vers 11h15. Après une série de contrôles douaniers drastiques, je sors de l’aéroport vers 13h. Un membre de l’organisation du Press Tour m’attend à la sortie avec une affiche à mon nom et me commande un taxi pour l’hôtel SK Royal, à l’autre bout de la ville, où j’arrive vers 15h, après 24 heures de voyage. Je fais le check-in de la chambre, que je partage avec quelqu’un, qui n’est pas dans la chambre, mais qui a déjà installé ses affaires personnelles. Je devine qu’il s’agit de Claude Janvier, lequel est arrivé à Moscou dès le lundi 8 septembre. Nous nous retrouvons le soir pour aller dîner dans l’immense centre commercial qui s’étend au pied de l’hôtel. J’entraîne Claude dans un restaurant géorgien, certainement la gastronomie la plus répandue en Russie, pour lui faire découvrir le khatchapouri, cette galette épaisse, à mi-chemin entre la pizza et le nan fromage, et les khinkali, ces gros raviolis à la viande, en forme de champignons.
 
Jeudi 11 septembre
Tous les invités de l’équipe internationale sont enfin arrivés depuis leurs pays d’origine. Nous nous retrouvons avec les organisateurs dans le hall de l’hôtel après le petit-déjeuner pour le transfert de Moscou à Donetsk en bus. 1200 kilomètres d’une seule traite, et 15 heures de route avec les quelques pauses dans les stations-service. Encore merci à nos deux chauffeurs qui se sont relayés pendant le trajet !


Vendredi 12 septembre
Matin : nous commençons la visite de Donetsk par l’Allée des Anges (Аллея Ангелов), le mémorial des enfants du Donbass assassinés par le régime de Kiev, situé dans le Parc de la Victoire. À gauche, je prends la pose à côté de la dalle de granit portant les noms des enfants tués, surmontée par une arche en fer forgée ; à droite, la statue du petit Kirill Sidoryouk, mort à 13 ans alors qu’il protégeait sa sœur Tanya des bombardements.



Nous nous déplaçons ensuite dans le parc municipal dit de la Culture et des Loisirs de Donetsk. On y trouve des installations sportives et de divertissement, ainsi qu’un complexe mémoriel nommé « À tes libérateurs, Donbass » (Твоим освободителям, Донбасс) faisant le lien de continuité historique entre la Deuxième Guerre mondiale et la guerre lancée par l’OTAN contre l’Ukraine et la Russie en 2014. Cet ensemble comprend un musée, plusieurs monuments et une Allée des Héros (Аллея Героев), bordée de bustes de héros morts au combat. Les plus connus en Occident sont Alexandre Zakhartchenko, président de la République Populaire de Donetsk, Mikhaïl Tolstykh, surnommé Guivi, et Arsen Pavlov, surnommé Motorola, avec son célèbre béret (photo). En arrière-fond, on distingue encore les impacts d’obus ukrainiens sur la tour du grand hôtel Victoria.

Nous visitons ensuite le Musée de la grande guerre patriotique (Музей Великой Отечественной войны), qui contient des reliques de la Deuxième guerre mondiale (photos du bas), mais aussi de la guerre actuelle. Photo de droite ci-dessous, les restes d’un drone militaire ukrainien de type « Vampire », surnommé Baba-Yaga (Баба-Яга), c’est-à-dire « la sorcière », doté d’une caméra thermique pour les attaques nocturnes. Cet « appareil volant sans pilote » (беспилотный летательный аппарат, БПЛА) marchait très bien avec Starlink, le réseau numérique satellitaire développé par Elon Musk. Du moins, jusqu’à ce que l’armée russe parvienne à le mettre hors service en août 2026 avec son système de guerre électronique Volna Kupol Garant, capable de perturber et désactiver Starlink.



Après-midi : visite à l’Université d’État de Donetsk (Донецкий государственный университет). Chaque membre de l’équipe est invité à faire un petit discours. J’en profite pour présenter mon livre « Ukraine : la guerre hybride de l’OTAN » et en faire don à la bibliothèque universitaire. De retour en France, je rédigerai deux comptes rendus de cette visite, aux liens ci-dessous.

« Lucien Cerise à l’université de Donetsk, Donbass : L’Europe soutient le conflit en Ukraine car elle vit dans un monde d’illusions »
« L’idéologie européenne entrave la paix en Ukraine »

Samedi 13 septembre
Matin : nous visitons la ville de Gorlovka. Photo de gauche : un bâtiment civil frappé par un missile de lance-roquettes américain HIMARS en juin 2025. Photo de droite : une frappe de drone, pas encore réparée. Les bombardements massifs du régime de Kiev sur les civils commencent en 2014. Aujourd’hui, les frappes sont sporadiques, irrégulières, mais cela relève d’une stratégie du chaos réfléchie qui force les habitants du Donbass à vivre, ou survivre, avec la charge mentale permanente de recevoir la mort du ciel à n’importe quel moment.



Puis nous visitons l’ancien Centre de tourisme, d’histoire locale et d’excursions (Центр туризма, краеведения и экскурсий). La directrice, de dos sur la photo, nous fait un exposé complet. Une salle a été aménagée en mémorial aux enfants tués par l’armée ukrainienne. L’affiche intitulée « Nous vivrons ! », « Мы будем жить! », recense les frappes sur les équipements publics, un gymnase et des écoles.

Depuis 2014 et le début de la guerre, de nombreux immeubles, maisons et bâtiments divers ont transformé leurs caves en bunkers pour se protéger des bombardements. Dans l’hôtel de Donetsk où nous dormons, l’abri souterrain où il faut descendre en cas de bombardement est indiqué dans le hall d’entrée en deux langues (Shelter, Убежище). L’approvisionnement en eau est aussi problématique. L’armée ukrainienne a trouvé les moyens de couper de nombreuses canalisations à Donetsk et dans le Donbass. L’eau est donc rationnée. À l’hôtel, il n’y a pas d’eau entre minuit et 6 heures du matin. Des jerricans sont entreposés dans les abris anti-bombes. Des citernes sont mises à disposition du public dans la rue.


Après-midi
: nous visitons Marioupol (ville consacrée à la Vierge Marie). Photo de groupe avec l’équipe du Press Tour au complet. De gauche à droite : Pearson Sharp, média californien One America News ; Cynthia McKinney, députée américaine, candidate à la présidentielle 2008 ; Lucien Cerise ; Ján Čarnogurský, ancien premier ministre de Slovaquie ; Claude Janvier, écrivain français ; Oleg Moryanin, accompagnateur russe ; Jaroslav Doubrava, ancien sénateur de la République tchèque ; Gökhan Karakaş, média turc Milliyet ; Raphael Machado, média brésilien Nova Resistência ; Alexandre Penasse, média belge Kairos ; Cem Kiran, blogueur turc ; Ivan Andreev, rédacteur en chef de Vashi Novosti et Olga Bonch-Osmolovskaya, universitaire russe, accompagnatrice.


En octobre 2022, notre accompagnateur Oleg, qui s’était engagé dans l’armée, était à l’affiche d’un film documentaire de Régis Le Sommier et Omerta.
« Front Russe : L’Ukraine de Poutine face à la contre-attaque »


À Marioupol, nous déjeunons dans un restaurant géorgien à proximité du complexe Nevsky, le nouveau quartier résidentiel flambant neuf, entièrement reconstruit après les affrontements pour libérer la ville. Puis nous allons voir l’usine Azovstal, du moins ce qu’il en reste. Sur la photo, on distingue les ruines derrière le monument de l’époque soviétique. Malheureusement, nous n’irons pas plus loin, car le site est encore miné.


Soir : nous rendons visite sur son terrain d’entraînement nocturne au détachement « Martyn Pouchkar » (отряд имени Мартына Пушкаря), d’après le nom d’un célèbre militaire du 17è siècle. Cette brigade fait partie des cinq unités de combat constituées de soldats ukrainiens ayant rejoint l’armée russe, dont les écussons sont rassemblés sur la photo de droite : les détachements Martyn Pouchkar, Alexandre Matrosov et Voin Selifontov (Sloboda), et les bataillons Maxim Krivonos et Alexei Berest.


L’unité Pouchkar a une politique de communication active, de même que le bataillon Maxime Krivonos, que nous rencontrerons le lendemain, et possède un compte Telegram @zapfighters1 et une chaîne YouTube @zapfighters/videos. Nous pouvons échanger librement avec ses membres et ils évoquent ce qui les a poussés à déserter les Forces Armées d’Ukraine (FAU), notamment le travail indigne du Centre territorial de recrutement ukrainien, la « bussification », pratique consistant à kidnapper les hommes en âge de se battre, parfois en les attrapant dans la rue pour les faire entrer de force dans une camionnette et les envoyer sur le front contre leur volonté. Par-delà les considérations politiques et géopolitiques, nous comprenons l’une des principales motivations des gars de Pouchkar quand nous leur demandons quelle est la différence entre les armées ukrainienne et russe. Un consensus se dégage sur le fonctionnement de la chaîne de commandement et l’espérance de vie. Dans l’armée ukrainienne, il est impossible de discuter un ordre venant de la hiérarchie, même si cet ordre est stupide et conduira avec certitude au massacre de soldats ukrainiens. L’information circule verticalement mais seulement de haut en bas, et les erreurs ne peuvent donc pas être corrigées. Par contre, dans l’armée russe, la hiérarchie serait plus attentive aux remontées d’information du terrain. En termes cybernétiques, il y a des boucles de rétroaction, les ordres peuvent donc être discutés sur la base du réel vécu par les soldats, ce qui limite les erreurs et les pertes humaines. C’est toute la différence entre une approche idéologique et une approche scientifique. Et c’est aussi ce qui explique le grand nombre de déserteurs ukrainiens.

Dimanche 14 septembre
Matin : nous avons l’honneur de rencontrer Denis Pouchiline, président de la République Populaire de Donetsk, pour une conférence de presse. Successeur du défunt Alexandre Zakhartchenko assassiné au même poste, Pouchiline a eu plus de chance, car il a été visé par deux attentats terroristes ukrainiens en juin 2014, mais il y a miraculeusement survécu. Après avoir suivi sur internet et à l’autre bout du continent les déclarations et l’actualité de ce personnage historique pendant des années, il y a quelque chose d’un peu irréel pour moi dans le fait de me retrouver dans la même pièce que lui. Je ne résiste pas à l’envie de faire une photo de fan-club !

Après-midi : visite au bataillon Maxime Krivonos (Батальон им. Максима Кривоноса), nommé ainsi d’après un chef militaire cosaque. Ce bataillon fait partie des cinq unités de combat déjà mentionnées avec Pouchkar, composées d’Ukrainiens qui ont rejoint l’armée russe pour libérer leur pays. Ils nous font l’honneur de nous consacrer une après-midi entière. Harnachés de gilets pare-balles et casqués, nous assistons à plusieurs exercices : pilotage de drones, entraînement au tir, soins aux blessés.



Le bataillon Maxime Krivonos ne se contente pas de s’entraîner mais possède aussi une fonction de représentation des forces armées pro-russes. Fonction de communication stratégique et de propagande, au sens étymologique de propagation de l’information. Sur sa chaîne YouTube, le bataillon diffuse un bulletin régulier et diverses vidéos. Un documentaire historique en trois parties sur les réseaux Gladio de l’OTAN est présenté par Alexandre Vorobiov (Oлександр Воробйoв), l’un des porte-paroles du bataillon, surnommé Yakuza (Якудза), car il est professeur de japonais dans la vie civile.
 
« The Nazi in NATO The documentary film. The first part »
« The Nazi in NATO The documentary film. The second part »
« The Nazi in NATO The documentary film. The final part »


Ci-dessus, discussion avec Alexandre Vorobiov. Ci-dessous, photo souvenir avec le bataillon et l’équipe du Press Tour.

Le bataillon Maxime Krivonos se présente ainsi sur son compte X (Twitter) : « Nous sommes d’anciens militaires des Forces Armées Ukrainiennes, fidèles au peuple ukrainien, et nous avons constitué un bataillon pour lutter contre le régime criminel de Zelensky. » (@MKBattalionOf ; https://x.com/MKBattalionOf) Ci-dessous, le tract de recrutement du bataillon, recto-verso, est en trois langues et développe leur présentation.


En complément : un reportage sur les soldats ukrainiens ayant rejoint l’armée russe.
« Une deuxième chance »
« En déposant les armes, les soldats ukrainiens se libèrent de la propagande antirusse et remettent en question leurs convictions. Ces soldats des forces armées ukrainiennes se sont rendus et combattent désormais le régime de Kiev au sein de l’unité Maxime Krivonos. Ils ont tous exprimé leurs regrets et choisi de se ranger aux côtés de la Russie. »


En août 2026, le commandement du Corps des soldats volontaires de Russie annonçait la création d’une nouvelle structure visant à mieux intégrer et unifier les Ukrainiens qui rejoignaient l’armée russe. Son nom ? La Brigade ukrainienne de volontaires à mission spéciale (Украинская бригада добровольцев специального назначения), laquelle produisait un communiqué en anglais sur Telegram via le bataillon Maxime Krivonos pour expliquer la nécessité de son apparition. En voici une traduction synthétique :

« Conformément à une décision attendue depuis longtemps, ont été regroupées au sein d’une structure unique les unités suivantes de volontaires ukrainiens ayant fait défection au profit des Forces armées de la Fédération de Russie : les brigades Pouchkar, Matrosov et Sloboda, et les bataillons Krivonos et Berest. Cette décision a été motivée par l’afflux massif de volontaires en provenance d’Ukraine, tant des civils que des militaires en service actif des Forces armées ukrainiennes, qui a commencé dès les mois d’avril et de mai. Ces personnes, lassées de la clique de Kiev, de la conscription forcée et des actions fratricides, ont vu dans leur défection vers la Russie un acte de patriotisme et de loyauté envers le serment prêté à leur patrie. (…) Tout au long de leur histoire, ces unités ont fait preuve d’un grand professionnalisme : elles ont notamment opéré au sein d’équipes de drones, d’équipes d’assaut et d’unités d’évacuation médicale. Elles se sont illustrées par des opérations couronnées de succès lors de la libération d’Avdiivka et au cours des combats menés dans la forêt de Kremen, à Kupiansk, Novohrodivka, Selidovo, Yasnobrodivka et dans de nombreux autres lieux. Ces volontaires sont animés par un amour sincère pour l’Ukraine et son peuple, un rejet total de l’idéologie néonazie imposée de l’extérieur et la volonté de renverser le régime criminel de Kiev. Leur moral est renforcé par l’idée de lutter contre la clique de Kiev, de défendre le Donbass et de rétablir la justice pour tous les Ukrainiens. La création de la Brigade ukrainienne de volontaires à vocation spéciale a constitué une étape logique qui a permis de rassembler sous sa bannière les forces patriotiques prêtes à défendre les intérêts de leur patrie. »

Soir : après Denis Pouchiline et le bataillon Maxime Krivonos, j’ai la joie de rencontrer dans la même journée Christelle Néant, qui vient nous rendre visite à l’hôtel.

Lundi 15 septembre
Retour à Moscou. Pendant le voyage en bus, Claude Janvier envoie au média Réseau International toutes les images qu’il a tournées. La rédaction du site réalise en un temps record un montage documentaire très réussi, visible au lien suivant.
« Immersion dans le Donbass pendant trois jours »


Mardi 16 septembre

Journée libre à Moscou, que nous passons avec Laurent Brayard, l’autre pilier d’International Reporters avec Christelle Néant. Deux vidéos sortiront de ces quelques heures de pause.

« Carnet de Russie ‒ Balade à Moscou », avec Alexandre Penasse (Kairos) et Laurent Brayard (International Reporters).
« Interview - Il y a l’avant et l’après visite dans le Donbass »
« International Reporters est allé à la rencontre de deux Français et un Belge revenant d’un voyage de cinq jours dans le Donbass. »
 
Nous croisons également Yvan Benedetti, qui est lui-même de retour d’un autre événement à Saint-Pétersbourg.
« Rencontre internationale des mouvements nationalistes à Saint-Pétersbourg (Russie) »


Photo ci-dessous
: dans le centre de Moscou, une affiche stipulant que les drones sont interdits et que l’on encourt un risque d’amende jusqu’à 300.000 roubles, soit environ 3000 euros, si l’on en fait usage.

Mercredi 17 à samedi 20 septembre
Départ en train à 9h pour Nijni-Novgorod. Trois visites nous attendent là-bas : le Festival mondial de la jeunesse (Всемирного фестиваля молодёжи), l’agence d’aide à l’immigration en Russie OKA, puis un bureau de recrutement et un centre d’entraînement pour l’opération militaire spéciale. Mon compte-rendu de cette troisième partie du voyage est en ligne au lien ci-dessous :
« Press Tour en Russie, Nijni-Novgorod (septembre 2025) »
 
Dimanche 21 septembre
Après le retour sur Moscou la veille, je dispose encore d’une journée libre. Avec Cynthia McKinney, nous sommes les derniers à partir car notre avion ne décolle que dans la soirée. Nous en profitons pour passer voir le camarade Arnaud Develay, avocat international, que Cynthia connaît également. Arnaud nous donne rendez-vous pour boire un café dans le centre-ville, au siège de la Fondation pour le développement des institutions de la société civile « Narodnaya Diplomatiya » (Fondation Narodnaïa Diplomatia ou « Diplomatie du peuple »). Nous rencontrons aussi la directrice qui nous gratifie d’un petit cadeau. C’est un exemplaire d’un livre passionnant qui dresse un état des lieux du néonazisme ukrainien en 2015, un an après le coup d’État de Maïdan et le début de la guerre. On en trouvera la présentation au lien suivant :
« Extremism in Ukrainian politics, society, media, defense and law enforcement »


Décollage vers minuit de Moscou, aéroport Sheremetyevo, pour Abou Dhabi, aux Émirats Arabes Unis, dans le Golfe persique, où nous arrivons le lendemain vers 7 heures du matin. Je passe la matinée de correspondance dans l’aéroport Zayed en compagnie de Cynthia McKinney, que je connaissais de réputation depuis longtemps avant ce voyage. En effet, elle est devenue célèbre en France dans certains milieux dits « conspirationnistes » après les attentats du 11 septembre 2001, car elle faisait partie du rare personnel politique américain qui osait critiquer publiquement la version officielle des attentats. Nos avions sont vers 14h, elle pour le Bangladesh, où elle occupe un poste d’enseignante, et moi pour Paris. Nous avons le temps de boire beaucoup de café, de discuter et de déjeuner.

Lundi 22 septembre
J’ai demandé une place à la fenêtre. Peu après le décollage pour Paris, je prends des images d’Abou Dhabi que nous sommes en train de quitter. On y voit le parc d’attractions Ferrari World en forme de raie manta, implanté sur l’île de Yas. Puis nous survolons l’île de Rahman et ses résidences luxueuses construites sur des sortes d’îlots artificiels. Nous laissons derrière nous le détroit d’Ormuz pour survoler le Golfe persique dans toute sa longueur jusqu’en Irak. Quelques mois plus tard, la guerre déclenchée contre l’Iran par les USA, Israël et leurs alliés des pétromonarchies mettra cette région à feu et à sang.

Jeudi 25 septembre
Après deux jours de repos, je commence à me mettre au travail de médiatisation du voyage. Le journaliste Kamal Louad, que je n’ai pas eu le temps de voir à Moscou, me propose un entretien à distance pour le média Sputnik.
« Lucien Cerise sur Sputnik : Personne n’a envie d’aller mourir pour Zelensky en France, ni en Allemagne, ni en Italie »
 
Vendredi 26 septembre
Avec Claude Janvier, nous nous rendons au studio de Géopolitique Profonde TV à Paris pour un entretien avec Mike Borowski.
« Voyage au Donbass : voici ce que les médias ne montreront jamais sur la guerre en Ukraine | GPTV »
 
Samedi 27 septembre
Avec Claude Janvier, Alexandre Penasse, Philippe Broquère et Christelle Néant en direct de Donetsk, je participe à l’émission d’Éric Montana sur la chaîne Journalistes Sans Frontières.
« Où va ce monde. Les médias indépendants de retour du Donbass »
 
Jeudi 2 octobre
Je suis invité sur Tocsin pour relater mon voyage avec Clémence Houdiakova.
« L’OTAN organise une opération d’ingénierie sociale en Ukraine - Lucien Cerise »
 
Dimanche 12 octobre
Avec Claude Janvier, Alexandre Penasse et Christelle Néant depuis Donetsk, je suis invité par Kate TV pour parler du Donbass.
« Ukraine : au cœur du Donbass »
 
Samedi 8 novembre
Je suis invité à Montpellier par l’association France-Russie Convergences pour prononcer une conférence et participer à un déjeuner-débat sur la guerre de l’OTAN en Ukraine.
« Association FRANCE – RUSSIE – CONVERGENCES »
 
Samedi 22 novembre
Je suis invité au Puy-en-Velay par la librairie des Arts Enracinés pour prononcer une conférence intitulée « Russie, Ukraine, Donbass : analyse au prisme de l’ingénierie sociale »
« Conférence de Lucien Cerise : Comprendre le Donbass : récit de terrain »
 
Samedi 27 janvier 2026
Le reportage réalisé par Alexandre Penasse pendant notre voyage dans le Donbass est finalisé et peut être montré au public. J’achète mes billets de train pour me rendre à Bruxelles et assister à la première de « Ukraine-Russie : derrière l’écran de fumée ». Au dernier moment, l’ambassade d’Ukraine fait pression sur le bourgmestre pour annuler la projection. Les autorités belges se plient à cette ingérence étrangère, mais l’équipe de Kairos parvient à trouver en deux jours un lieu de substitution en périphérie de Bruxelles. L’événement attire encore plus de spectateurs grâce à « l’effet Streisand ». Le film est un grand succès et reçoit une ovation de plusieurs minutes, comme on peut le voir dans la vidéo suivante :
« Ovation présentation film Kairos »
 
Après cette première en Belgique, Alexandre Penasse et Kairos prennent des contacts à l’international et réussissent à projeter le documentaire au Portugal et en Russie. Puis réessayent en Belgique, mais l’ambassade d’Ukraine s’obstine dans ses manœuvres d’intimidation. De mon côté, je parviens à organiser deux projections en France : samedi 22 février à Lille avec l’équipe locale d’Égalité & Réconciliation, et dimanche 24 mai à Soissons dans un cadre privé pour une cinquantaine de spectateurs. La revue Nexus nous propose aussi deux créneaux de projection publique en mai et juin 2026. Le film peut aujourd’hui être acheté en ligne. Il ne pourra plus être censuré.
« Ukraine-Russie : derrière l’écran de fumée » en ligne.
 
Fin.

Articles en relation